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Face aux retards chroniques du Pont de Rosso: Déthié Fall lance un ultimatum à l’entreprise chinoise

Les travaux du Pont de Rosso, infrastructure stratégique reliant le Sénégal et la Mauritanie, traversent une zone de turbulences. Lancé en novembre 2021 pour une durée initiale de 30 mois, le chantier accuse aujourd’hui un retard considérable, portant le délai global à 50 mois.

Un constat d’échec technique et un nouveau calendrier

Le taux d’exécution stagne à seulement 40 % au grand dam de Déthié Fall et Ely Ould El Veirik, respectivement ministres des Infrastructures du Sénégal, et de l’Équipement et des Transports de la République islamique de Mauritanie. Les deux pays veulent que les travaux soient livrés au mois de décembre 2026 et l’inauguration ait lieu au mois de mars 2027.

Le mécontentement officiel des deux États

En déplacement ce samedi 31 janvier sur le site du pont de Rosso, le ministre des Infrastructures, Déthie Fall, accompagné de son homologue mauritanien, Ely Ould El Veirik, est monté au créneau pour condamner avec la dernière énergie le retard concédé dans les travaux. La délégation officielle a exprimé son mécontentement et posé des conditions techniques non négociables.

Ces deux ministres ont demandé à l’entreprise chargée de la construction du pont de Rosso d’accélérer le rythme des travaux et de respecter les délais fixés pour l’achèvement du projet.

La rupture de confiance avec le partenaire chinois

Le ministre Déthié Fall n’a pas caché la rupture de confiance entre les États commanditaires et l’entreprise exécutante. « Nous sommes venus constater l’état d’avancement des travaux du pont. Et c’est malheureux de voir que c’est un projet qui a connu un retard important, parce qu’il devrait être livré depuis longtemps. Si l’entreprise demande qu’on lui fasse confiance, je dis clairement que nous ne lui faisons pas confiance. Nous ne faisons confiance qu’à ce que nous voyons. La crédibilité du partenaire chinois est entamée par près de quatre années de délais non tenus et d’engagements reportés » a rappelé M. Fall.

L’exigence d’une réorganisation immédiate

Déthié Fall prévient : « Ce chantier sera achevé avec ou sans vous ». Pour lui, les choses sont claires, nettes et précises. « Une réorganisation technique drastique a été imposée. Il ne s’agit plus de simples recommandations mais d’une exigence opérationnelle immédiate. L’entreprise doit mobiliser simultanément trois équipes indépendantes. Ces groupes travailleront en parallèle sur trois fronts distincts : la rive gauche, la rive droite et le pont principal. Cette méthode vise à densifier l’activité sur le chantier pour tenter de rattraper le temps perdu sur cet ouvrage vital pour le corridor Tanger-Nouakchott-Dakar-Lagos », a insisté le ministre des Infrastructures.

Un ultimatum pour une inauguration en 2027

Déthié Fall a donné un ultimatum à l’entreprise afin que l’ouvrage puisse être achevé quelle que soit la méthode administrative nécessaire. « Ce chantier sera achevé, quels que soient les moyens à utiliser, avec ou sans vous. L’attente a été longue », s’est-il désolé. Les deux parties ont souligné la nécessité de redoubler d’efforts avant le mois de mars 2027, date à laquelle l’inauguration du pont a été fixée par décision des dirigeants des deux pays.

« C’est inacceptable le retard actuel compte tenu de l’importance stratégique du projet pour le renforcement des liens et des échanges entre la Mauritanie et le Sénégal. Nous avons également pris des décisions d’un suivi rapproché de ce projet pour qu’il soit inauguré le 31 mars par les deux chefs d’État », a estimé Ély Ould El Veirik.

La défense de l’entreprise et les enjeux de la ZLECAF

L’entreprise chinoise s’explique : Face aux interpellations et nouvelles mesures prises, les représentants de l’entreprise ont imputé le retard enregistré à la pression résultant de la réalisation simultanée d’autres travaux, dont le projet du port de N’Diago. Ce qui a poussé les deux ministres à exiger un plan d’action urgent garantissant l’accélération des travaux et l’achèvement du projet dans les délais fixés.

L’exigence des deux ministres ne relève donc pas seulement d’un calendrier administratif, mais d’une nécessité absolue pour l’économie régionale. Une chose demeure sure, l’achèvement du pont va rendre le trafic plus fluide, baisser le coût des bagages et camions mais faciliter l’intégration africaine. Ce projet concrétisera ainsi la vision de la CEDEAO et de l’Union Africaine pour une Zone de Libre-échange continentale (ZLECAF) plus performante.

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