{"id":14533,"date":"2026-10-16T00:55:38","date_gmt":"2026-10-16T00:55:38","guid":{"rendered":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/?p=14533"},"modified":"2026-10-16T01:18:26","modified_gmt":"2026-10-16T01:18:26","slug":"le-cri-de-detresse-de-m-ababacar-gueye-directeur-du-festival-metissons-face-au-naufrage-culturel-de-la-vieille-ville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/?p=14533","title":{"rendered":"Le cri de d\u00e9tresse de M. Ababacar Gu\u00e9ye Directeur du Festival M\u00e9tissons face au naufrage culturel de la vieille ville"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em style=\"font-weight: bold;\">\u00c0 quelques semaines de l\u2019ouverture de sa 16e \u00e9dition <\/em><strong><em>pr\u00e9vue du 27 au 28 Novembre 2026, le Festival M\u00e9tissons se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. Entre ambitions artistiques renouvel\u00e9es et asphyxie financi\u00e8re rampante, son directeur, Ababacar Gu\u00e8ye, l\u00e8ve le voile sur l\u2019envers du d\u00e9cor d\u2019un \u00e9v\u00e9nement phare, devenu malgr\u00e9 lui le symbole d\u2019une culture saint-louisienne en p\u00e9ril.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Un festival Sans Diffuseur Fixe (SDF) pour reconqu\u00e9rir les Saint-Louisiens<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9, l\u2019\u00e9quipe de M\u00e9tissons a choisi l\u2019audace. L&rsquo;innovation majeure de ce cru 2026 est une rupture politique et g\u00e9ographique : le festival quitte cette ann\u00e9e les murs de l\u2019Institut Fran\u00e7ais de Saint-Louis. Pr\u00e9textant des JOJ et la biennale de Dakar, des arbitrages ont \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9s par l&rsquo;\u00e9quipe de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais. Face \u00e0 cette situation, la direction inform\u00e9e des dispositions prises, va ainsi tenter une nouvelle exp\u00e9rience avec la d\u00e9localisation des activit\u00e9s sur d&rsquo;autres sites. La question qui taraude les esprits, c&rsquo;est : comment expliquer la d\u00e9cision prise par la nouvelle directrice d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais apr\u00e8s 15 ans de partenariat. Le festival Metissons, inscrit dans l&rsquo;agenda des grands rendez-vous culturels nationaux et internationaux, et son Directeur Ababacar Gu\u00e9ye invit\u00e9 partout \u00e0 travers le monde, est le deuxi\u00e8me plus grand de Saint-Louis \u00e0 part celui du Jazz.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette d\u00e9centralisation vise \u00e0 restituer l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00e0 ses v\u00e9ritables propri\u00e9taires. \u00ab<em>C&rsquo;est leur festival<\/em> \u00bb, signale Ababacar Gu\u00e8ye, qui souhaite r\u00e9investir l&rsquo;espace public pour impliquer directement les locaux, valoriser les initiatives citoyennes et c\u00e9l\u00e9brer la diversit\u00e9 artistique l\u00e0 o\u00f9 bat le c\u0153ur de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Le paradoxe de l&rsquo;UNESCO : Trois patrimoines mondiaux, z\u00e9ro infrastructure<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, cette volont\u00e9 de sortir hors des sentiers battus se heurte \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 infrastructurelle catastrophique. Comment une cit\u00e9 class\u00e9e au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO, premi\u00e8re capitale du S\u00e9n\u00e9gal et de l&rsquo;Afrique Occidentale Fran\u00e7aise (AOF), peut-elle \u00eatre \u00e0 ce point d\u00e9pourvue de structures ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ababacar Gu\u00e8ye dresse un constat particuli\u00e8rement amer pour une cit\u00e9 dont le prestige d\u00e9passe pourtant les fronti\u00e8res. La ville de Saint-Louis brille en effet \u00e0 travers le monde gr\u00e2ce \u00e0 ses distinctions internationales majeures, \u00e0 commencer par son architecture coloniale embl\u00e9matique et son patrimoine mat\u00e9riel unique, t\u00e9moins pr\u00e9cieux de son histoire en tant que premi\u00e8re capitale du S\u00e9n\u00e9gal. \u00c0 cette richesse architecturale s&rsquo;ajoute la Zoumba, une expression artistique traditionnelle \u00e9lev\u00e9e au rang de patrimoine culturel vivant qui incarne l&rsquo;\u00e2me et la m\u00e9moire de la communaut\u00e9 saint-louisienne. Enfin, la vieille ville rayonne \u00e0 travers sa gastronomie unique puisque le Ceebu J\u00ebn (thi\u00e9bou di\u00e8ne), le c\u00e9l\u00e8bre plat national s\u00e9n\u00e9galais n\u00e9 sur les rives du fleuve S\u00e9n\u00e9gal, est officiellement inscrit au patrimoine culturel immat\u00e9riel de l&rsquo;humanit\u00e9 par l&rsquo;UNESCO.<br>Mais derri\u00e8re cette vitrine prestigieuse, le vide est total : aucun centre culturel fonctionnel, aucun espace de cr\u00e9ation, aucune infrastructure d\u00e9di\u00e9e aux r\u00e9sidences artistiques. \u00ab <em>Saint-Louis est laiss\u00e9e en rade<\/em> \u00bb, d\u00e9plore le directeur. C&rsquo;est ce d\u00e9sert structurel qui explique, selon lui, l&rsquo;arr\u00eat brutal et la mort pr\u00e9matur\u00e9e de nombreux autres festivals dans la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>L\u2019\u00e9ternelle qu\u00eate du budget : Le Minist\u00e8re et la Mairie attendus au tournant<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l&rsquo;heure actuelle, la programmation artistique s&rsquo;affine, mais l&rsquo;incertitude plane. Le budget global de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement n&rsquo;est toujours pas boucl\u00e9. Les organisateurs passent leurs journ\u00e9es \u00e0 d\u00e9marcher sponsors et m\u00e9c\u00e8nes dans une course contre la montre haletante.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le festival d\u00e9pend d\u00e9sormais de la r\u00e9activit\u00e9 des pouvoirs publics. Les regards sont tourn\u00e9s vers la Mairie de Saint-Louis et le Minist\u00e8re de la Culture, dont les arbitrages financiers sont attendus avec une urgence non feinte pour sauver cette 16e \u00e9dition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>L&rsquo;union sacr\u00e9e comme ultime rempart<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face au p\u00e9ril, pas question de c\u00e9der \u00e0 la division. Ababacar Gu\u00e8ye plaide pour une solidarit\u00e9 renforc\u00e9e et une compl\u00e9mentarit\u00e9 totale entre les diff\u00e9rents promoteurs culturels de la place. Pour lui, seule une dynamique collective permettra de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats du secteur et de maintenir Saint-Louis en mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le message envoy\u00e9 aux autorit\u00e9s \u00e9tatiques et municipales est unanime : sans un plan d&rsquo;urgence pour la sauvegarde des festivals et le financement d&rsquo;espaces cr\u00e9atifs p\u00e9rennes, c&rsquo;est tout un pan de l&rsquo;identit\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise qui risque de s&rsquo;\u00e9teindre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 quelques semaines de l\u2019ouverture de sa 16e \u00e9dition pr\u00e9vue du 27 au 28 Novembre 2026, le Festival M\u00e9tissons se trouve \u00e0 la crois\u00e9e des chemins. Entre ambitions artistiques renouvel\u00e9es et asphyxie financi\u00e8re rampante, son directeur, Ababacar Gu\u00e8ye, l\u00e8ve le voile sur l\u2019envers du d\u00e9cor d\u2019un \u00e9v\u00e9nement phare, devenu malgr\u00e9 lui le symbole d\u2019une culture &hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14534,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[218,219,245],"tags":[],"class_list":["post-14533","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-laune","category-actualites","category-culture"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14533","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14533"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14533\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14539,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14533\/revisions\/14539"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14534"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14533"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14533"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/saintlouisnews.sn\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14533"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}