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Madeleine Fall Mbaye présidente mouvement Le Renforcement : « En mutualisant nos faibles moyens individuels, nous constituons une puissance industrielle nationale »

Porté sur les fonts baptismaux depuis plus d’un an (ndlr: Octobre 2024), le mouvement « LE RENFORCEMENT » dirigé par Mme Madeleine Fall Mbaye tisse sa toile. Depuis sa création, plusieurs personnes y ont adhéré. Mieux, elle a fini de faire un maillage national et mené d’importantes actions. Dans l’entretien qu’elle a accordé à votre canard, la présidente est revenue sur les objectifs, missions, la dénomination etc. Née à Saint-Louis, ayant fait ses études aux lycées Charles Degaulle et Oumar Foutiyou Tall (Ex Faidherbe), Mme Mbaye qui a un lien de cœur très fort avec la vieille ville, qui a sillonné tout le Sénégal d’Est en Ouest et du Nord au Sud, est formelle. Sans langue de bois, elle a craché ses vérités.

Pouvez-vous vous présenter à nos followers ?

Je suis Madeleine Fall (épouse Mbaye), Présidente fondatrice du Mouvement « LE RENFORCEMENT ». Professionnellement, je suis une experte en management et en stratégie commerciale industrielle, fondatrice de « TA-HA Global Business Group » . J’ai passé plus de 15 ans à diriger des filiales de multinationales spécialisées dans la distribution de matières premières et d’ingrédients industriels pour l’agroalimentaire, la cosmétique et la pharmacie à travers l’Afrique de l’Ouest. C’est cette expertise du terrain et des chaînes de valeur que je souhaite aujourd’hui mettre au service de mon pays.

Depuis quand « LE RENFORCEMENT » a été mis sur pied ?

Le Mouvement « LE RENFORCEMENT » est né en octobre 2024 d’un constat de «déficit chronique d’industries locales et d’unités de transformation » des matières premières sénégalaises, malgré des ressources considérables. Nous avons passé l’année écoulée à sillonner le Sénégal, du Nord au Sud, pour identifier les besoins réels des communautés avant de formaliser notre existence légale par l’obtention d’un récépissé d’association délivré par l’État.

Pouvez-vous revenir sur votre structure « LE RENFORCEMENT » ?

C’est un mouvement citoyen, apolitique et à but non lucratif. Nous nous définissons comme une « force de frappe collective » regroupant un collectif pluridisciplinaire : entrepreneurs, groupements de femmes, agriculteurs, leaders religieux, étudiants et experts. Notre identité wolof résume tout : « JÀPPÓO DOOLEEL KÓOM-KÓOMU RÉEW MI ». Mouvement citoyen, apolitique et issu du secteur privé communautaire, il promeut un modèle d’Économie sociale et solidaire (ESS) et d’Entrepreneuriat collectif inclusif pour atteindre l’industrialisation du pays. Ce n’est ni un parti politique, ni une ONG classique.C’est un outil d’organisation collective, qui permet à des producteurs, des transformateurs, des jeunes, des femmes et des professionnels de mutualiser leurs efforts pour créer de la valeur, de l’emploi et de la dignité économique sur leurs territoires. Le mouvement appartient à ses membres. Ses initiatives sont pensées comme des biens collectifs, protégés et gérés dans l’intérêt général.

Pourquoi « LE RENFORCEMENT » ?

C’est pour briser ce que nous appelons la «fabrique de pauvreté ». Le constat est douloureux : nous possédons des ressources immenses, mais nous exportons tout en brut et nous réimportons tout ce que nous consommons. Est-il normal que 40 % de nos récoltes d’oignons ou de mangues pourrissent faute de stockage pendant que nous importons des jus concentrés ?. « LE RENFORCEMENT » est né pour corriger ce paradoxe par l’industrialisation endogène. « LE RENFORCEMENT » part d’une idée simple: se renforcer ensemble pour transformer durablement. Il s’agit de renforcer les capacités locales, les organisations, les territoires et les personnes, afin que la richesse créée ici reste ici.

Quels sont les grands axes et les cibles ?Les axes du mouvement « LE RENFORCEMENT » sont organisés autour d’un objectif central : retenir et transformer la valeur créée dans nos territoires. La transformation locale des ressources, pour passer du bradage et des pertes à des produits finis compétitifs, la structuration des chaînes de valeur, sont mis en œuvre afin de sécuriser les débouchés, la qualité et la distribution. L’entrepreneuriat collectif est créé en vue de dépasser l’isolement des acteurs et créer des initiatives solides, portées par le mouvement. Le financement mutualisé, avec des mécanismes solidaires permet de réinvestir les excédents dans de nouveaux projets. Le renforcement des capacités et la discipline de gestion constituent des conditions essentielles de la réussite économique.

Pour la durabilité, il faut intégrer les dimensions écologiques et énergétiques dès la conception des projets.

S’agissant de nos cibles, elles sont toutes de nationalité sénégalaise, mais prioritairement : les producteurs et productrices, les femmes transformatrices, les jeunes, notamment étudiants et diplômés, les territoires à fort potentiel mais peu valorisés.

Avec quels moyens comptez-vous dérouler vos actions sur le terrain ?

Nous croyons à l’autonomie financière par la mutualisation. Nos moyens reposent sur le capital patient. C’est un système de parts sociales et de micro-obligations locales où les membres investissent ensemble pour devenir copropriétaires de nos unités de transformation. La Finance solidaire permet la création de mutuelles de financement sans intérêt conformes à nos valeurs. Pour ce qui est du Partenariat public-communautaire (PPC), nous sollicitons l’appui de l’État (FONSIS, FONGIP) non pas pour de l’assistance, mais pour des garanties stratégiques qui permettront de lever des investissements plus lourds, au Sénégal et à l’Étranger. C’est pour l’autonomisation.

Notre devise est simple : « L’union fait la transformation » En mutualisant nos faibles moyens individuels, nous constituons une puissance industrielle nationale. Aujourd’hui, le développement du Sénégal incombe à tous. Nous ne devons pas être en reste.

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