Du rail sénégalais à l’ingénierie panafricaine: le combat d’Ass Malick Ndoye pour la souveraineté ferroviaire du continent

Il y a deux ans jour pour jour, il quittait le confort et le prestige de la Direction générale de la Société nationale Les Chemins de Fer du Sénégal. Un choix audacieux qui, loin d’être un retrait, marquait le début d’une nouvelle mission. En rejoignant Setec Ferroviaire, ce grand commis du rail a choisi de servir le développement du continent africain autrement. Portrait d’un bâtisseur qui met aujourd’hui son expertise au service des plus grands mégaprojets du continent.
Un parcours au cœur des géants du rail africain
Depuis ce virage stratégique, l’ingénieur parcourt l’Afrique au rythme de chantiers titanesques. Aux côtés d’experts techniques de haut niveau, il a apporté sa pierre à des projets qui redessinent la géographie économique de plusieurs pays :
- En Guinée : comme ingénieur-conseil de l’État sur le projet Simandou, l’un des plus grands gisements de fer au monde, exigeant des infrastructures lourdes.
- Au Gabon : au chevet de la SETRAG pour sécuriser et moderniser les passages à niveau du réseau.
- Au Maroc : sur le chantier d’extension de la ligne à grande vitesse Kénitra – Marrakech, supervisant les volets stratégiques de la Voie, de la Caténaire et des Bases Travaux.
« Le ferroviaire est en train de redevenir un pilier stratégique pour l’Afrique », confie-t-il avec la certitude de celui qui arpente le terrain. Partout, des projets complexes et structurants émergent, traduisant une ambition renouvelée pour une mobilité durable, au service direct des économies locales.
Financement et formation : la double urgence africaine
Si la dynamique est enclenchée, elle soulève une immense responsabilité collective. Pour réussir cette révolution industrielle, l’ingénieur pense que deux défis majeurs doivent être relevés de toute urgence :
Le premier, c’est de trouver le financement. Le modèle économique du rail ne peut se plier aux exigences de rentabilité court-termiste des capitaux classiques. Sa valeur se mesure en impact social, en désenclavement territorial et en retours macro-économiques.
Le second défi est humain. Face au manque criant de compétences locales, l’urgence est à la formation massive. « Nous ne pouvons plus accepter de freiner notre croissance faute de compétences disponibles. Il faut aller chercher chaque point de croissance ! », préconise-t-il. Pour lui, la jeunesse africaine doit impérativement être le moteur technique de ces chantiers.
Bâtir une souveraineté ferroviaire
Deux ans après avoir tourné la page du réseau sénégalais, le constat est sans appel : le potentiel est là, mais l’ampleur du travail reste immense. L’ambition affichée est désormais de réconcilier le potentiel humain africain avec les exigences technologiques mondiales.
L’objectif ultime est clair. Il s’agit de bâtir une véritable souveraineté ferroviaire africaine, fondée sur la connaissance, l’audace et la coopération transfrontalière. Un chantier immense qui ne pourra se conjuguer qu’au pluriel.
Malick Ndoye
Directeur de Projet SETEC Ferroviaire.
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