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Saint-Louis: Crise profonde au Syndicat d’initiative, le secteur du tourisme au vitriol

Le secteur touristique, artisanal et culturel de la vieille ville traverse une zone de fortes turbulences, matérialisée par la sortie au vitriol d’Amadou Diop, figure bien connue des guides touristiques de la région.

Ce dernier n’a pas mâché ses mots pour dénoncer ce qu’il qualifie de « faillite totale » et de « mal gouvernance » de la part de l’actuelle équipe dirigeante du Syndicat d’Initiatives et de Tourisme de Saint-Louis. Jadis levier déterminant pour l’organisation, la gestion et la promotion de la destination, la structure se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vive contestation de légitimité.

Un levier économique « confisqué par une bande d’amis »

Selon Amadou Diop, le Syndicat d’initiative a dévié de sa mission de service public et d’intérêt communautaire pour muter en une entité opaque. « Ce syndicat est devenu une société privée, gérée par une bande d’amis », fustige le guide touristique, qui rappelle l’adage : « On ne peut pas aimer ce que l’on ne connaît pas ».

L’exaspération est palpable chez les professionnels de terrain. L’écrasante majorité des artisans, des créateurs et des acteurs culturels saint-louisiens affirment ne plus être associés aux décisions, ni même connaître les visages de ceux qui pilotent l’institution. « On ne les voit nulle part », regrette-t-il, pointant du doigt une rupture définitive entre la base associative et le sommet de la structure.

Quinze ans de règne : la colère face à un «bureau illégal »

Le cœur du litige repose sur la longévité de l’équipe en place. Les contestataires affirment que le bureau actuel s’éternise à la tête du Syndicat d’initiative depuis plus d’une quinzaine d’années. Pour Amadou Diop et les collectifs d’acteurs locaux, ce mandat à rallonge a basculé dans l’illégalité, privant la structure de toute reconnaissance auprès des différents corps de métiers de l’art, de la culture et de l’artisanat.

Cette crise de gouvernance intervient à un moment critique où l’économie locale est exsangue. « Le tourisme va mal », martèle le guide. Les retombées économiques directes se sont évaporées, plongeant les acteurs de l’artisanat et de la culture dans une précarité sans précédent, alors que ces secteurs constituaient autrefois le poumon économique de l’ancienne capitale du Sénégal.

Vers une bataille judiciaire ?

Face à ce qu’ils qualifient de confiscation de leur outil de travail, les acteurs du tourisme local n’excluent plus de passer à la vitesse supérieure. Des menaces de mener des activités parallèles et de saisir le procureur de la République ont déjà fait écho au sein du milieu afin de forcer le respect des textes réglementaires et d’exiger le renouvellement transparent du bureau.

À Saint-Louis, le cri du cœur d’Amadou Diop résonne comme un ultimatum : pour que la capitale du nord retrouve sa splendeur touristique, il faudra impérativement remettre « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».


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