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Énergie: Le Sénégal lance son réseau gazier nord, Dr Abdourahmane Diouf tempère les attentes sur le prix de l’électricité

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf, a présidé ce jeudi la pose de la première canalisation du segment nord du réseau national de transport de gaz naturel à Gandon (Saint-Louis). Ce projet de 85 kilomètres marque un jalon historique pour l’industrialisation du pays, tout en incitant à la prudence face aux attentes de baisse immédiate du prix de l’électricité.

Une nouvelle ère énergétique s’ouvre pour le Sénégal. Ce jeudi, à Gandon, dans le département de Saint-Louis, le gouvernement a officiellement donné le coup d’envoi des travaux du segment nord du futur réseau national de transport de gaz naturel. Un événement hautement stratégique présidé par le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr Abdourahmane Diouf.

Pour les autorités, cette infrastructure ne représente pas un simple chantier technique, mais une étape décisive vers l’indépendance économique du pays. « Le geste que nous accomplissons est simple. Mais sa portée est considérable », a d’emblée magnifié le ministre Dr Abdourahmane Diouf lors de son allocution. Selon lui, cet ouvrage matérialise l’ambition du Sénégal de ne plus se limiter au statut de simple producteur : « Il s’agit désormais de maîtriser, de transporter et de transformer notre gaz au bénéfice exclusif de l’économie nationale. »

Un projet titanesque de 85 kilomètres

Ce segment nord constitue la colonne vertébrale initiale du futur réseau national. S’étendant sur environ 85 kilomètres, l’infrastructure combinera des installations terrestres et des canalisations spécifiques pour acheminer le gaz vers les grands pôles de consommation du pays. Conçu pour l’avenir, l’axe principal affiche des ambitions techniques majeures. Les données techniques présentées lors de la cérémonie font état d’une capacité de transport maximale de 300 millions de pieds cubes de gaz par jour, une configuration calibrée pour absorber l’évolution de la demande énergétique nationale et soutenir la modernisation du secteur électrique à travers une production d’énergie plus fiable.

Tarifs de l’électricité : Le ministre appelle au réalisme

Si le projet suscite beaucoup d’espoir pour le portefeuille des ménages et des entreprises, le représentant du gouvernement a tenu à tempérer les ardeurs et à livrer un message de vérité. « Une construction d’un gazoduc ne suffit pas à faire baisser le prix de l’électricité », a prévenu avec insistance le Dr Abdourahmane Diouf.

Le ministre a rappelé que l’équation tarifaire dépend de plusieurs variables interconnectées : « La disponibilité effective du gaz, les conditions d’approvisionnement, le coût de son transport, la performance des centrales, la qualité des réseaux électriques et la maîtrise des pertes opérationnelles sont autant de facteurs déterminants. » Le gouvernement entend donc mener des réformes et des investissements simultanés sur l’ensemble de la chaîne de valeur afin de garantir, à terme, une électricité « moins coûteuse à produire, plus fiable et plus accessible » pour les Sénégalais.

Un levier industriel et une synergie régionale avec la Mauritanie

Au-delà de la lumière, ce réseau gazier se veut le moteur de l’intégration industrielle. L’objectif à moyen terme est de connecter directement les zones industrielles et les plateformes de transformation agroalimentaire à cette source d’énergie compétitive pour booster la valeur ajoutée locale. Le projet fait également la part belle au contenu local, le ministre exigeant « un accent particulier sur le développement des compétences et du savoir-faire des entreprises nationales ».

Enfin, la dimension géopolitique et régionale s’est invitée à la cérémonie. Ce segment nord jouera un rôle clé dans l’interconnexion avec la Mauritanie voisine, avec qui le Sénégal partage d’importants gisements gaziers transfrontaliers. Dr Abdourahmane Diouf a insisté sur le strict respect des normes de sécurité, le dialogue avec les communautés locales et la transparence : « La souveraineté énergétique ne se programme pas seulement. Elle se construit, elle se finance, elle se source, elle se contrôle et elle se mesure», a-t-il conclu.

Avec le premier tube posé à Gandon, le Sénégal concrétise sa feuille de route gazière, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre, en parallèle, sa transition vers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

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