Richard-Toll : L’inquiétude grandit chez les personnes handicapées après le retrait des bourses de sécurité familiale

Privées de leur unique filet de sécurité, des dizaines de personnes vivant avec un handicap à Richard-Toll tirent la sonnette d’alarme. Suite à une décision de renouvellement des listes par l’Action sociale, ces bénéficiaires de longue date se retrouvent sans ressources, plongeant de nombreuses familles dans le désarroi.
Le ton était à l’amertume ce samedi à Richard-Toll. Réunis en point de presse, les représentants des personnes handicapées du département de Dagana ont exprimé leur vive préoccupation face à la suspension brutale des bourses de sécurité familiale dont ils bénéficiaient depuis maintenant cinq ans.
Pour ces citoyens vulnérables, l’allocation trimestrielle représentait bien plus qu’une simple aide financière. « Ces aides, bien que modestes, constituent un soutien essentiel pour de nombreuses familles », a martelé Bassirou Sow, porte-parole du collectif.
Selon lui, ce retrait du programme frappe de plein fouet des personnes qui utilisaient ces fonds non seulement pour les besoins du quotidien (santé, alimentation), mais aussi pour financer de petites activités génératrices de revenus, garantes de leur dignité.
Interpellé sur cette situation, le chef du service départemental de l’Action sociale, Ibrahima Aw, a apporté des éclaircissements d’ordre administratif. Selon lui, cette mesure s’inscrit dans une «dynamique nationale de réajustement des programmes sociaux ». En clair : pour faire entrer de nouveaux bénéficiaires sur les listes, il a fallu en retirer d’anciens.
Le responsable a tenu à préciser qu’un effort de sensibilisation avait été entrepris via un communiqué bien avant l’entrée en vigueur de la mesure. Un argument qui peine à convaincre les principaux concernés, pour qui la « sortie » du programme devrait être conditionnée par une amélioration réelle de leurs conditions de vie, et non par une simple rotation administrative.
Un appel à la solidarité nationale
Face à ce qu’ils considèrent comme une rupture de la solidarité nationale, les handicapés de Richard-Toll interpellent les autorités supérieures. Ils craignent que ce « renouvellement » ne sacrifie les plus fragiles au profit d’une logique de chiffres.
En attendant un éventuel geste des pouvoirs publics ou une intégration dans d’autres mécanismes de soutien, c’est l’incertitude qui règne. Pour Bassirou Sow et ses compagnons, le combat pour le rétablissement de ce droit à la protection sociale ne fait que commencer.


