Programme « Be Yes » à Matam : La Der/Fj veut » créer des champions », après un taux de remboursement de 84%

Matam : Á Thilogne, le projet de phosphates et ses centaines d’emplois bloqués par des « calculs politiques »
Porté par l’industriel Mansour Bousso, natif du terroir, le projet d’exploitation des phosphates de Thilogne promet des emplois et une dynamique économique pour tout le Fouta. Mais malgré des concessions majeures, l’initiative reste à l’arrêt, prise entre inquiétudes locales et accusations de blocage politique.
À Thilogne, dans le département de Matam, l’impatience monte. Le projet d’exploitation des phosphates, qui couvre notamment la commune des Agnam, « se heurte aujourd’hui à une vive polémique persistante, malgré des concessions importantes du promoteur, Mansour Bousso ».
À l’origine de l’initiative, un homme d’affaires sénégalais, natif du terroir, qui ambitionne de créer une véritable industrie dans sa localité d’origine, avec à la clé des perspectives d’emplois et de développement économique pour la zone. C’est la désolation totale. Et pour lever les craintes, « la société a même accepté de déplacer le site d’exploitation à trois kilomètres des habitations, champs et pâturages, afin de dissiper les inquiétudes liées à la proximité. Mais rien n’y fait ».
Un refus catégorique » malgré les garanties données
Sur le terrain, le refus reste catégorique pour certaines personnes. Ce qui demeure incompréhensible. Derrière ces oppositions, beaucoup pointent le rôle de certains acteurs politiques locaux, accusés de souffler sur les braises. Les proches du projet dénoncent une posture systématique : « toute initiative échappant à leur contrôle est systématiquement rejetée ». Actuellement, c’est un projet porteur d’emplois et d’opportunités pour tout le Fouta qui se retrouve au cœur d’une vive polémique. Il est pris en étau entre les ambitions économiques d’un fils du terroir et les calculs politiques, au détriment, selon ses promoteurs, du développement même de la localité. « Aujourd’hui, face aux obstructions saillantes de certaines personnes mal intentionnées plutôt soucieuses de leurs intérêts personnels, les populations risquent de voir filer entre leurs doigts un important projet d’investissement privé, dont les retombées attendues transformeront significativement l’environnement économique et social local », alertent certains observateurs.
Président Directeur Général de la Société « Welly », spécialisée dans « la production et la commercialisation de glaces et de jus », Mansour Bousso est décrit comme un « brillant capitaine d’industrie », qui mise sur sa région. Il jouit d’un capital estime pour avoir démontré ailleurs sa capacité de manager avec un recrutement de plusieurs centaines de personnes dans ses entreprises.
Le projet de Thilogne devrait constituer un véritable levier de développement pour ce terroir à fort potentiel économique. Sur le terrain, des actes précèdent déjà l’exploitation. Cinquante jeunes issus de la zone ont été capacités dans le cadre de conduite automobile poids lourds pour l’obtention de permis de conduire. Ils seront recrutés dans le projet. Une initiative qui entre dans le cadre de la politique d’emploi de jeunes définie par le chef de l’État Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Les partisans du projet appellent au dépassement
Face au blocage, les voix favorables à l’investissement se font plus pressantes. Des anciens émigrés revenus au bercail et jeunes du terroir invitent au dépassement, et à la concertation afin que ledit projet structurant, puisse entrer dans sa phase opérationnelle. Ceci au grand bénéfice des populations locales.
Le message adressé à une partie de la classe politique locale est sans détour. Ils invitent certains de leurs parents à arrêter un peu de faire la « politique politicienne », et œuvrer ensemble pour la valorisation du potentiel économique local et le développement communautaire.
En attendant une issue, « les phosphates dorment encore sous terre, avec eux des centaines d’emplois et l’espoir d’amorcer l’industrialisation du Fouta »
Galaye Séne
Le département de Matam peut voir venir. En tournée de suivi du programme « Be Yes », la Déléguée générale à l’Entreprenariat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ), Aïda Mbodj, a annoncé le renforcement des financements dans la zone, portée par « un taux de remboursement de plus 84% », jugé exemplaire.
« Ici, dans le département de Matam, nous sommes satisfaits du taux de remboursement des prêts de plus de 84% réalisé par les personnes et entreprises ayant bénéficié de crédits de la DER », a déclaré Mme Aïda Mbodj, mercredi, lors de son escale dans le nord du pays. Pour elle, ce taux fait que Matam aura d’autres financements dans le cadre de la deuxième phase du programme.
Déployé avec l’appui de la Fondation Mastercard, « Be Yes » cible «l’insertion socioéconomique des jeunes de 18 à 35 ans, en soutenant l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, en accordant une attention particulière aux femmes, aux personnes en situation de handicap et aux groupes vulnérables »
De 49 à 32 millions : le pari de la montée en gamme
La première phase a déjà irrigué le tissu économique local : « des financements d’un montant de 49 611 000 Fcfa à 21 GIE du département de Matam », ont été débloqués. Pour la suite, « 19 Groupements d’Intérêt économique (GIE) seront financés, pour un montant de 32 300 000 Fcfa et 190 emplois en cours de création ».
Au-delà des chiffres, Aïda Mbodj veut un saut qualitatif. Elle a demandé aux bénéficiaires de « consolider les activités, tout en les renforçant et en multipliant les produits financés lors de la première phase. Aux éleveurs, elle recommande d’ « acheter d’autres races de moutons » et aux unités de transformation, de « s’orienter vers l’industrialisation de leurs activités »
Aïda Mbodji : « Nous voulons créer des champions »
La philosophie de la DER/FJ est assumée. « Tant que le taux de remboursement est satisfaisant, nous allons renforcer le financement. Nous voulons créer des champions, qui doivent bénéficier de grosses sommes d’argent pour y arriver », a insisté la Déléguée générale.
Avec 84% de remboursement, Matam coche la première case. La seconde phase du programme devra confirmer la capacité des GIE à changer d’échelle et à générer des emplois durables. « Be Yes » passe ainsi du financement de démarrage à l’accompagnement vers la performance.


