ASSEMBLÉE NATIONALE : OUSMANE SONKO ÉLU PRÉSIDENT AVEC 132 VOIX, L’OPPOSITION BOYCOTTE LE SCRUTIN

Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale ce mardi 26 mai 2026. Le leader de Pastef a obtenu 132 voix sur 133 députés présents, quelques heures après sa réintégration à l’hémicycle. L’opposition de «Takku Wallu » a quitté la salle avant le vote.
Dans son premier discours, le nouveau président du Parlement promet un contrôle rigoureux de l’action gouvernementale et critique la formation du gouvernement Al Aminou Lo.
C’est désormais officiel. Ousmane Sonko prend la tête de la deuxième institution de la République. Élu ce mardi à l’issue d’un scrutin marqué par le boycott d’une grande partie de l’opposition, il devient président de l’Assemblée nationale du Sénégal.
Le vote s’est tenu dans un hémicycle à la configuration modifiée. Sur les 133 députés ayant pris part au scrutin, la majorité requise était fixée à 67 voix. Le leader de Pastef a largement dépassé ce seuil en recueillant 132 voix favorables. Le scrutin a enregistré un seul bulletin d’abstention et zéro vote contre.
Un retour triomphal avant l’élection
Cette élection intervient quelques heures seulement après le retour officiel d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Il y a réintégré son siège de député dans une ambiance enthousiaste, sous les applaudissements nourris des députés de la majorité présidentielle et de nombreux sympathisants installés dans les tribunes.
Immédiatement après la proclamation solennelle des résultats, il a pris ses fonctions. Sous les acclamations debout des parlementaires de Pastef-Les Patriotes, Ousmane Sonko a rejoint le perchoir pour présider sa toute première séance en tant que chef de l’Assemblée nationale.
Cette accession marque un tournant politique majeur. Après avoir occupé les fonctions de Premier ministre du Sénégal de 2024 à 2026, il s’installe désormais à la tête du Parlement.
Un discours d’apaisement et d’avertissement
À peine élu, le nouveau président de l’Assemblée a fixé le cap de son mandat. Dans son premier discours, il a écarté « tout esprit de revanche » et affirmé que l’institution qu’il préside « ne sera pas un instrument au service de règlements de comptes ».
Il a annoncé une Assemblée « pleinement engagée dans le contrôle de l’action gouvernementale, attachée à la transparence, à la reddition des comptes et à la défense de la souveraineté populaire ». Un discours d’apaisement en façade, mais aussi un message clair adressé à l’exécutif : le Parlement entend jouer son rôle « sans complaisance ».
Ousmane Sonko s’est montré ouvertement critique sur le processus ayant conduit à la formation du gouvernement dirigé par le Premier ministre Al Aminou Lo. Il a déploré que Pastef n’ait pas été consulté. « On ne peut pas faire du Pastef sans Pastef », a-t-il lancé, en guise d’avertissement. Une sortie qui pose dès les premières heures les jalons d’une cohabitation institutionnelle complexe entre le perchoir et la Primature.
Boycott de l’opposition et isolement de la minorité
Les députés de l’opposition ont quitté la salle avant même le début du vote. Me Aïssata Tall Sall et ses collègues de « Takku Wallu Sénégal », ainsi que les non-inscrits à l’exception de Cheikh Tidiane Youm, ont quitté l’hémicycle juste après l’installation du député Ousmane Sonko.
Ils dénoncent depuis plusieurs jours la procédure de réintégration de l’ancien Premier ministre et contestent sa légalité devant le Conseil constitutionnel. Leur départ a laissé la majorité parlementaire seule maîtresse des opérations, permettant un vote sans opposition.
Une nouvelle configuration institutionnelle
Avec l’arrivée d’Ousmane Sonko au perchoir, le paysage politique sénégalais entre dans une phase inédite. Le chef de la majorité parlementaire cumule désormais le contrôle de l’Assemblée nationale après avoir dirigé l’exécutif pendant deux ans.
La promesse d’un contrôle renforcé de l’action gouvernementale ouvre la perspective d’un contrôle parlementaire plus offensif. Reste à voir comment s’organisera la relation entre l’Assemblée et le gouvernement d’Al Aminou Lo, alors que le président Bassirou Diomaye Faye a lui-même saisi le Conseil constitutionnel pour sécuriser la procédure de réintégration.
L’élection de Sonko consacre le poids de Pastef dans l’appareil d’État, mais pose aussi la question de l’équilibre des pouvoirs à moins d’un an du lancement opérationnel de l’Agenda « Sénégal 2050 ».



