UGB : Le bras de fer sur la suppression des rattrapages devant la Cour suprême

Saint-Louis – La crise universitaire prend une tournure juridique inédite à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Deux étudiants inscrits en troisième année de Licence ont officiellement saisi la Chambre administrative de la Cour suprême, rapporte la RTS. Ils contestent la décision de l’administration de supprimer les examens de rattrapage pour l’année académique en cours.
Un recours fondé sur les textes du LMD
Les deux étudiants requérants estiment que cette mesure lèse gravement la communauté estudiantine et viole le cadre légal. Selon leur recours, la suppression de la seconde session d’examen contredit directement les textes réglementaires qui régissent le système Licence-Master-Doctorat (LMD) au Sénégal.
De plus, les plaignants dénoncent un manque de transparence et une rétroactivité injuste. Ils soutiennent que les modalités d’évaluation ont été modifiées unilatéralement par les autorités universitaires après le déroulement des enseignements et de la première session d’examens, modifiant les règles du jeu au détriment des étudiants.
Le Conseil académique invoque l’urgence pédagogique
Du côté de l’administration, cette décision radicale répond à une crise de calendrier majeure. Face aux retards chroniques accumulés dans le déroulement des cours, le Conseil académique de l’UGB avait opté pour une réorganisation exceptionnelle du calendrier.
L’instauration d’une session unique d’évaluation par semestre visait un triple objectif :
- Rattraper le temps: Résorber le déficit horaire accumulé durant l’année.
- Sauver l’année: Éviter une année blanche ou une invalidation des semestres.
- Normaliser les cycles: Aligner progressivement l’UGB sur un calendrier universitaire standard.
Vers un arbitrage juridique crucial
Cette action en justice marque une rupture avec les traditionnelles grèves et confrontations physiques sur le campus de Sanar. En déplaçant le combat sur le terrain du droit, les étudiants forcent la haute juridiction à arbitrer un dilemme complexe : l’urgence administrative et l’autonomie des universités permettent-elles de déroger aux droits pédagogiques fondamentaux des étudiants ? La décision de la Cour suprême sera scrutée de près par l’ensemble du monde universitaire sénégalais.




