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Migration ouest-africaine : Saint-Louis s’érige en modèle de fixation et d’insertion des jeunes

La ville de Saint-Louis abrite deux journées de réseautage majeures dans le cadre du programme régional « Migration pour le développement » (MDP). Ce projet, qui allie formation agricole et entrepreneuriat, ambitionne de transformer la gestion des flux migratoires en un levier d’éco-développement local.

Un cadre d’échange pour stimuler l’emploi local

Financé par la coopération italienne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM), en étroite collaboration avec la Direction des Sénégalais de l’extérieur, le programme MDP déploie ses actions à travers quatre pays de la sous-région : le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Conakry et la Guinée-Bissau. À l’échelle de Saint-Louis, le bilan est déjà concret : 20 entrepreneurs ont bénéficié d’un parcours d’incubation complet incluant des dotations en équipements, tandis que 97 jeunes ont été formés sur les chaînes de valeurs agricoles en partenariat avec l’UFR S2ATA de l’Université Gaston-Berger (UGB).

Pour Gabrielle Rose Ndaw, cheffe de projet et représentante de la cheffe de mission de l’OIM Sénégal, l’enjeu de ces journées est de décloisonner les initiatives. « L’objectif est vraiment de créer un cadre d’échange entre les bénéficiaires et les acteurs de l’écosystème entrepreneurial, mais aussi avec les structures du secteur public et du secteur privé, afin de favoriser des opportunités d’apprentissage et d’emploi », soutient-elle.

L’éco-développement au cœur du partenariat italo-africain

Cette démarche s’inscrit dans une vision de durabilité portée par les bailleurs de fonds. Francesco Saverio Mele, responsable du secteur emploi au sein du bureau régional de Dakar de l’Agence italienne pour la Coopération au Développement (AICS), estime que le projet MDP jette les bases d’une croissance verte et inclusive. Selon lui, cette initiative démontre qu’il est possible de « créer des expériences d’éco-développement en faveur des populations». Les Italiens sont formels. « Pour l’Italie, ce qui est important, c’est de promouvoir des activités en partenariat avec le gouvernement des pays ouest-africains qui ont un impact concret sur les populations au niveau local et territorial», signale-t-il.

Le responsable italien a également profité de l’occasion pour saluer le pilotage « très efficace et très rigoureux » de la Direction des Sénégalais de l’Extérieur.

Fixer la jeunesse et booster la coopération Sud-Sud

Le choix de la vieille ville pour accueillir cet atelier ne doit rien au hasard. Carrefour historique et zone de départ majeure, Saint-Louis doit aujourd’hui réinventer son rapport à la mobilité. Amadou Mansour Faye, maire de la commune, a réitéré l’engagement de son institution à soutenir ce type de dynamiques :
« Saint-Louis est une voie migratoire. Organiser un tel atelier permettrait non seulement de favoriser le retour, mais aussi de fixer ceux qui sont tentés par le départ », rappelle le maire

Au-delà de la réponse locale au défi du chômage, le programme se veut un laboratoire pour l’unité régionale. El Hadji Abdoul Karim Cissé, directeur des Sénégalais de l’Extérieur, voit dans ce dispositif un puissant outil diplomatique et économique pour la sous-région. « Ce qui est fondamental, en lien avec notre ministère, c’est cette dimension intégration africaine. Avec ce projet, nous allons développer l’action de coopération Sud-Sud », rassure-t-il.

Désormais, le potentiel majeur de l’économie verte est perçue comme une niche d’emploi incontournable pour la jeunesse ouest-africaine.

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