Sénégal-Norvège : Le grand décryptage des observateurs de la presse sportive

Après la lourde défaite concédée face à la Norvège, l’équipe nationale du Sénégal se retrouve dans une position hautement inconfortable. Entre choix tactiques discutables, faillite défensive individuelle et lueurs d’espoir en attaque, les journalistes et observateurs sportifs tirent la sonnette d’alarme avant le match décisif contre l’Irak.
Un coaching et des choix tactiques sous le feu des critiques
Au cœur des débats, la gestion du sélectionneur Pape Bouna Thiaw suscite de vives interrogations. Pour Bator Fall, présidente de la section de Saint-Louis de l’ANPS (Association Nationale de la Presse Sportive), le constat est sans appel : « C’est un problème de coaching dans la mesure où la haute compétition a des exigences. […] Il faut que l’entraîneur Pape Bouna Thiaw se ressaisisse et revoie sa copie par rapport à son onze de départ. » La consœur s’indigne notamment de la fragilité de l’arrière-garde : « On ne peut pas comprendre comment une équipe du Sénégal peut encaisser 6 buts en 2 matchs. »
Un sentiment de gâchis partagé par Magatte Diop, coordinateur du desk sports à Dunyaa FM. « La déception et les regrets résument parfaitement mes sentiments après le match d’hier », confie-t-il, pointant du doigt l’inefficacité des plans d’avant-match. « En résumé, ni le plan anti-Norvège annoncé avant le match par le Coach, ni le plan anti-Haaland n’ont fonctionné. Dans ce contexte, Pape Thiaw porte une grande part de responsabilité dans cette désillusion, comme lors du match contre la France. » Le journaliste déplore également « une utilisation excessive des couloirs au détriment du jeu intérieur, ainsi qu’un coaching qui n’a pas produit les effets escomptés. »
Le surrégime norvégien face au manque de rythme des cadres sénégalais
Analysant l’adversaire, Elhadji Tall « Mozer », ancien journaliste de L’Observateur, rappelle qu’il faut contextualiser la performance scandinave : « Il faut accepter que le Sénégal a joué un match couperet face à une équipe norvégienne qui a été la meilleure en termes d’efficacité lors des éliminatoires du mondial zone Europe. » Il souligne que des stars comme Haaland, Sørloth et Ødegaard sont arrivées lancées, contrairement aux cadres des Lions.
Le cas du capitaine Kalidou Koulibaly cristallise les reproches. Bator Fall rappelle qu’il « revenait de blessure » et que « sur les 6 buts encaissés par le Sénégal, sa responsabilité est engagée. » « Mozer » Tall abonde dans ce sens en évoquant un « manque de rythme considérable » dû à deux mois sans jouer : « Face à des renards de surface comme Haaland, ça ne pardonne pas. Globalement, les deux matchs des Lions ont un dénominateur commun à savoir les fautes défensives individuelles. En gros, la défense a été le maillon faible du Sénégal. » La lenteur des ajustements sur le banc a aussi été ciblée, notamment « le maintien de Koulibaly sur la pelouse trop longtemps, alors que le défenseur était en difficulté depuis la première mi-temps », ajoute-t-il, sans oublier les difficultés d’Idrissa Gana Gueye au milieu, lui aussi en manque de temps de jeu à Everton.
L’attaque sonne la révolte : des motifs d’espoir
Cependant, tout n’est pas noir chez les Lions. Le secteur offensif a montré un visage séduisant et un caractère indéniable. Ismaïla Sarr, transparent face à la France, a signé un retour fracassant. « Iso a été le grand bon point de la rencontre côté sénégalais », s’enthousiasme Elhadji Tall « Mozer ». « Son doublé avec un but en début de seconde période et un autre dans le temps additionnel a démontré son opportunisme et son sang-froid. » Il salue également « la bonne connexion entre Sadio Mané et Nicolas Jackson » ainsi que la capacité de l’équipe à faire douter la Norvège en fin de match.
Magatte Diop mise lui aussi sur ce sursaut d’orgueil des leaders : « Un mince espoir subsiste. Il repose notamment sur des joueurs comme Ismaïla Sarr et Édouard Mendy, capables de réveiller les cadres et de guider la jeune génération. »
Sortir les calculettes face à l’Irak
Désormais, l’avenir du Sénégal dans ce Mondial ne tient plus qu’à un fil. « Pour le reste de la compétition nos chances sont minimes, on est sur nos calculettes. Notre sort ne dépend plus de nous », prévient lucidement Bator Fall.
Pour espérer voir les huitièmes de finale, le calcul est simple mais stressant. Magatte Diop résume l’équation : « Le dernier match de groupe face à l’Irak sera décisif. Une victoire est impérative, mais la qualification pourrait également dépendre des autres résultats du groupe. » Un optimisme partagé par Elhadji Tall « Mozer » qui refuse de baisser les bras : « Le Sénégal garde toutes ses chances même s’il n’a pas son destin en main. […] Le talent est présent et il est hors de question de quitter la compétition alors qu’une victoire large face à l’Irak peut nous satisfaire à passer au tour suivant. » Rendez-vous est pris.



