ASSEMBLÉE NATIONALE : « TAKKU WALLU » SAISIT DIOMAYE FAYE SUR LA LÉGALITÉ DU RETOUR D’OUSMANE SONKO

Le groupe parlementaire d’opposition « Takku Wallu » demande au président Bassirou Diomaye Faye de saisir le Conseil constitutionnel pour se prononcer sur le retour d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. La présidente du groupe, Aïssata Tall, dénonce un « coup d’État institutionnel » en préparation et appelle le chef de l’État à « protéger les institutions ».
La rentrée parlementaire s’annonce tendue. Lundi, le groupe parlementaire « Takku Wallu», seul groupe de l’opposition, a interpellé publiquement le chef de l’État sur le retour annoncé d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale.
« Nous lui demandons, de la façon la plus solennelle, la plus respectueuse, la plus grave, d’assumer cette responsabilité sur la base du serment qu’il a prêté », a déclaré la députée Aïssata Tall lors d’une conférence de presse. Elle demande au président de la République de saisir le Conseil constitutionnel pour savoir « ce qu’il pense de la légalité du retour de Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale ».
Une saisine impossible pour les députés, selon l’opposition
Rejetant le retour de l’ancien Premier ministre à l’hémicycle, Aïssata Tall a rappelé que « les députés ne peuvent pas saisir le Conseil constitutionnel sur cette question ». Elle en appelle donc directement au président de la République, en se fondant sur ses prérogatives constitutionnelles.
Pour la présidente de « Takku Wallu », l’enjeu dépasse le cas Sonko. « Après l’Assemblée nationale, c’est au “fauteuil” du président de la République que la majorité parlementaire, PASTEF, s’attaquera », a-t-elle estimé. Elle accuse la majorité de préparer un « coup d’État institutionnel » et somme le chef de l’État de réagir : « Il doit protéger les institutions. Il doit protéger l’Assemblée nationale ».
Une séance plénière convoquée mardi
Les députés sont convoqués en séance plénière mardi à partir de 9 heures à l’Assemblée nationale. Selon l’APS, l’ordre du jour porte sur « la réintégration du député Ousmane Sonko » et « l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale ».
La convocation intervient après la démission surprise du président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, annoncée dimanche. Dans un communiqué, il a expliqué que « cette décision procède d’un choix personnel guidé par sa conception des institutions et l’intérêt supérieur de la nation ».
Cette démission intervient 48 heures après le limogeage d’Ousmane Sonko du poste de Premier ministre.
Un retour qui divise la classe politique
Élu député en novembre 2024, Ousmane Sonko avait suspendu son mandat pour exercer les fonctions de Premier ministre. L’annonce de son retour à l’Assemblée nationale relance la controverse sur la compatibilité entre son statut d’ancien chef du gouvernement et son siège de député.
L’affaire met à l’épreuve la séparation des pouvoirs et la lecture des dispositions constitutionnelles sur la perte et la reprise du mandat parlementaire. La balle est désormais dans le camp du président Diomaye Faye, seul habilité, selon l’opposition, à saisir le Conseil constitutionnel pour trancher la question.



