« Ces limogeages ne sont que le début d’une longue série », avertit Cheikh Ndiongue Journaliste analyste politique

La situation qui prévaut actuellement au Sénégal ne laisse pas insensible Cheikh Ndiongue. Le paysage politique sénégalais subit une recomposition majeure. Une vague de limogeages sans précédent frappe les directeurs généraux issus ou proches de Pastef. Pour le journaliste et politologue Cheikh Ndiongue, ces décisions n’ont rien d’une surprise. Elles traduisent la fin officielle du compagnonnage entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre, Ousmane Sonko.
L’analyste politique décrypte la rupture entre Diomaye et Sonko. Il n’y est pas allé à mots morts. Pour lui, La «désonkorisation» de l’appareil public est en marche.
Une rupture prévisible et stratégique
L’analyse de Cheikh Ndiongue est sans équivoque. La séparation des deux têtes de l’exécutif dicte désormais la gestion des affaires publiques. « Je pense que cette série de limogeages était prévisible compte tenu de l’évolution de la situation politique avec la rupture actée déjà entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. D’autant plus que deux camps se sont formés désormais. Chaque camp va en effet vouloir se renforcer », avertit l’analyste politique.
Selon lui, cette restructuration administrative apparaît comme le prolongement logique d’une guerre froide politique. À l’en croire, celle-ci force désormais chaque acteur à choisir son camp.
Sanctionner l’aile dure de Pastef
Parmi les départs les plus marquants figurent des visages emblématiques de la lutte de Pastef, à l’image de Mme Aïssatou Mbodj et de Ngagne Demba Touré. Pour M. Ndiongue, le palais présidentiel envoie un message de fermeté à la frange la plus intransigeante du parti. « Ces décisions peuvent être analysées d’abord comme une volonté du président Diomaye et de ses alliés de sanctionner tous ceux qui ont décidé de rester dans le camp de Pastef et qui sont d’ailleurs parmi les plus radicaux, notamment Aïssatou Mbodj et Ngagne Demba Touré », rappelle-t-il.
Verrouiller l’appareil d’État pour les futures échéances
Au-delà de la simple sanction, ces mouvements répondent à un impératif de survie politique et électorale pour le chef de l’État. En plaçant des hommes de confiance aux postes clés, Bassirou Diomaye Faye sécurise ses arrières. « Cela peut ensuite être perçu comme une façon de renforcer le camp présidentiel avec la nomination de proches ou d’alliés du chef de l’état en vue des prochaines échéances électorales », précise notre interlocuteur.
Le début d’une longue purge politique
Le divorce est définitivement consommé. Selon Cheikh Ndiongue, le décret présidentiel ne représente que la première étape d’un nettoyage en profondeur de l’administration publique. « Mais tout compte fait, ces limogeages, qui ne sont certainement que le début d’une longue série, marquent clairement la volonté de Bassirou Diomaye Faye de rompre définitivement avec ses anciens camarades de Pastef au premier rang desquels leur leader Ousmane Sonko », insiste M. Ndiongue.
En attendant les prochaines élections locales, le Sénégal entre ainsi dans une nouvelle ère de gouvernance où la loyauté envers le président de la République prime désormais sur les alliances d’hier.




