Souveraineté alimentaire : le Sénégal mise 150 milliards FCFA sur le PASS pour révolutionner son agriculture

Le Sénégal accélère sa marche vers l’autonomie en lançant officiellement le Programme d’Appui à la Stratégie de Souveraineté alimentaire (PASS). Co-financé par l’État et le Fonds international de développement agricole (FIDA), ce projet de 150 milliards de francs CFA s’étalera sur six ans. Il vise à transformer durablement le modèle agricole dans dix régions clés du Bassin arachidier élargi et de la Haute Casamance, en ciblant en priorité les exploitations familiales, les femmes et les jeunes.
Un changement de paradigme axé sur la richesse réelle

Lors de la première réunion du Comité national de Pilotage, le ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a clairement redéfini les indicateurs de réussite. L’époque où la performance se calculait uniquement au volume des récoltes est révolue. « Une souveraineté alimentaire durable ne se mesure pas uniquement en tonnes produites. Elle se mesure également en revenus générés, en emplois créés, en marchés approvisionnés et en territoires durablement connectés», rappelle le Ministre.
Trois axes pour transformer les territoires
Pour atteindre ces objectifs, le PASS déploie une stratégie globale articulée autour de trois piliers majeurs :
- Sécuriser et diversifier les productions agricoles locales.
- Valoriser les produits via la transformation et l’amélioration des infrastructures rurales.
- Renforcer la gouvernance et adapter les systèmes face aux défis climatiques majeurs comme la salinisation des terres.
L’appel du monde rural à une action immédiate
Si le programme suscite un immense espoir, les acteurs du terrain insistent sur l’urgence opérationnelle. Nadjirou Sall, président du Conseil National de Concertation et de Coopération des Ruraux (CNCR), a salué une approche complète tout en formulant une attente forte. Il plaide activement pour une mise en œuvre rapide afin que les populations rurales bénéficient sans délai des retombées attendues.

De leur côté, les autorités administratives régionales ont assuré leur soutien total, rappelant l’importance cruciale de renforcer la résilience des producteurs face aux dérèglements climatiques actuels.




