Agnams : Polémique autour de l’exploitation des phosphates / Et si le Fouta refusait le développement ?

Plusieurs mois après son annonce, le projet de recherche et d’exploitation de phosphate, porté par la société ‘’Ama Afrique’’ dans la commune des Agnams (département de Matam), peine à prendre son envol du fait de fortes turbulences.
Malgré la caution du gouvernement et les solides garanties présentées par les promoteurs sur le respect des normes environnementales, les mécanismes de compensation, les bénéfices économiques attendus et les modalités de contrôle de l’exploitation, une opposition à cet ambitieux projet de développement communautaire s’active de plus en plus. D’ailleurs, ces contestataires prévoient de battre, ce week end, le macadam pour faire écho à leur « combat ». Pourtant, rien ne laissait présager un tel climat de discorde et de contestation à forts relents politiques.
En effet, ce projet à impact socio-économique avéré avait reçu, dés son annonce, un accueil très favorable de nombre d’acteurs institutionnels et communautaires qui y entrevoyaient une véritable bouffée d’oxygène en terme d’opportunités en matière d’emplois, d’investissements et de développement des infrastructures pour ce patelin en quête de développement intégré. Ce qui pousse nombre d’observateurs avisés à s’interroger sur les vraies motivations des pourfendeurs dudit projet ?
Ces derniers sont-ils réellement conscients des enjeux de l’heure et des risques inhérents à leur opposition qui priverait certainement la commune des Agnams d’une solide rampe de développement communautaire ? La commune des Agnams refuserait-elle sa propre émancipation économique et sociale voire celle du département de Matam ? Autant d’interrogations qui alimentent les palabres dans cette contrée du Fouta.
Pour rappel, la société promotrice avait obtenu de l’Etat du Sénégal les autorisations nécessaires pour mener les activités de recherche et d’exploitation, conformément aux procédures prévues par la législation sénégalaise. Mieux, ce projet a également fait l’objet d’une étude d’impact environnemental et social, ainsi que de consultations avec les autorités administratives, locales et coutumières.
Abou KANE



