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Sénégal-Séoul : le Nord bascule dans l’ère du machinisme agricole

Le paysage agricole de la vallée du fleuve Sénégal s’apprête à changer de visage. La localité de Ndiaye Mberess a abrité la cérémonie officielle d’inauguration de deux centres de services de machines agricoles. Fruit d’un partenariat stratégique entre le Sénégal et la République de Corée, ces infrastructures d’envergure, dont l’implantation finale est prévue à Dagana et à Podor, marquent un tournant décisif vers l’industrialisation des campagnes de la région Nord.

La cérémonie s’est déroulée en présence de hautes autorités des deux pays, sous la présidence conjointe d’Alassane Bâ, Directeur général de la Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal (SAED), et de Moon Gyeong-deok, Directeur général du Programme de Coopération au Développement du ministère coréen de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales. Ce projet, dont les premières pierres avaient été posées dans l’arrondissement de Ndiaye, concrétise l’engagement des deux gouvernements à faire du delta du fleuve le grenier de la souveraineté alimentaire nationale.

Un maillage territorial pour briser la pénibilité du travail de la terre

Pour répondre efficacement aux besoins spécifiques des exploitants locaux, le projet a été structuré autour de deux pôles complémentaires. Lors de son allocution, le Directeur général de la SAED, s’exprimant au nom du ministre sénégalais de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a tenu à exprimer la profonde gratitude de l’État sénégalais envers Séoul. Alassane Bâ a ainsi précisé qu’un centre de services de machines agricoles sera basé à Ndiaye pour couvrir le département de Dagana, tandis qu’un second centre, spécialisé dans la réparation et la maintenance, sera établi à Aéré Lao pour le compte du département de Podor.

Alassane Bâ a insisté sur l’impact de proximité de ces installations. L’objectif est double : lever les barrières logistiques en offrant un accès fluide aux équipements lourds et intensifier les rythmes de production. Pour la SAED, cette accélération des rendements est l’unique voie pour concrétiser l’autonomie alimentaire du pays.

Le transfert de technologies au cœur de la stratégie

Cette inauguration s’insère directement dans la dynamique de l’Agenda national de transformation. Pour le Directeur général de la SAED, la souveraineté alimentaire reste un vœu pieux sans une mécanisation de masse. Exhortant les populations locales et les groupements de producteurs à s’approprier pleinement ce projet « révolutionnaire », il s’est félicité de la forte dimension humaine du programme. Au-delà des machines, l’assistance technique fournie par les ingénieurs coréens garantit un transfert de compétences direct aux petits producteurs ainsi qu’aux dizaines de jeunes locaux formés aux métiers de la maintenance.

Le chef de la délégation sud-coréenne, Moon Gyeong-deok, a partagé cette vision à long terme en expliquant que ces installations fonctionneront comme de véritables hubs régionaux. Ils centraliseront l’exploitation, le stockage sécurisé et la maintenance préventive du matériel. Selon lui, la pérennité de la mécanisation dans la vallée repose sur ce modèle d’entretien rigoureux. Ce projet de longue haleine avait d’ailleurs fait l’objet d’une visite de validation sur le terrain en mai dernier par l’ancien Secrétaire d’État aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alpha Ba, qui avait salué l’état d’avancement des chantiers d’Aéré Lao et de Ndiaye. Avec ces nouveaux outils, la vallée du fleuve Sénégal pose les fondations d’une agriculture moderne, résiliente et performante.

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