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Un an après sa sortie de Rebeuss : Mansour Faye brise le silence et charge violemment Pastef

Douze mois jour pour jour après avoir recouvré la liberté, Mansour Faye, maire de Saint-Louis et ancien ministre sous le régime de Macky Sall, s’est fendu d’une déclaration au vitriol. Dans ce texte commémoratif aux allures de manifeste politique, l’édile saint-louisien revient sur ses « 122 nuits passées derrière les barreaux » et dresse un réquisitoire implacable contre le gouvernement en place, alertant sur l’urgence sociale qui tenaille les ménages sénégalais.

« Une des plus odieuses manipulations politiques »

Mansour Faye n’a rien oublié de son incarcération à la prison de Rebeuss, qu’il qualifie de complot d’État. « Je sortais de prison, je sortais des entrailles d’une des plus odieuses manipulations politiques », tonne-t-il, dénonçant un lynchage médiatique et populaire orchestré avant même l’éclatement de la vérité.

Bien qu’il affirme accorder son pardon pour ne pas « faire de la haine un projet de vie », l’ancien ministre désigne explicitement ses anciens bourreaux : « Je n’ai pas oublié ceux qui, hier, étaient les principaux artisans de cette entreprise : le « Gourou de la secte Pastef », l’usurpateur et ses thuriféraires […] dont les méthodes, les discours et les agissements ont profondément marqué cette période de notre histoire politique. » Porté par cette rancœur tenace, il scelle l’ambition de son camp pour les prochaines échéances : «Le Pastef et ses reliques vont dégager»

Pensées pour les détenus et crise sociale aigüe

Au-delà de son cas personnel, le maire de Saint-Louis a tenu à adresser un message à ses anciens compagnons de cellule, citant notamment Dan Sarr et Bandiacky, avec qui il partageait « la chambre 35 ou principalement le secteur 5 ». « Ma liberté retrouvée m’impose aussi de penser à ceux qui attendent encore la leur », écrit-il.

Mais c’est sur le terrain économique et social que Mansour Faye porte ses coups les plus rudes contre l’exécutif actuel. Évoquant la cherté de la vie, le chômage de masse et les incertitudes qui pèsent sur le monde rural, il balaie d’un revers de main les justifications budgétaires du gouvernement. La Déclaration de politique générale (DPG) du Premier ministre en a particulièrement pris pour son grade : « Sa réponse sidérante relativement au manque de ressources a fini de nourrir profondément les interrogations et les inquiétudes sur la capacité réelle de l’État à répondre aux attentes immédiates des populations. »

L’avertissement sur « les émeutes de l’électricité »

Pour l’ancien ministre, le pouvoir actuel fait fausse route en projetant le débat politique vers la prochaine élection présidentielle. « Le Sénégal de 2026 ne peut pas vivre dans l’attente permanente de 2029 », martèle-t-il, rappelant que l’urgence se trouve dans les foyers qui peinent à joindre les deux bouts.

Pointant du doigt les délestages chroniques qui frappent le pays en cette fin d’hivernage, Mansour Faye lance un avertissement solennel aux autorités : « Lorsque s’ajoutent aux difficultés économiques les problèmes d’électricité, le mécontentement social peut devenir une colère que personne ne devrait prendre à la légère. Les risques d’émeutes de l’électricité sont à prendre au premier degré. »

En choisissant la date hautement symbolique du 25 septembre 2026 pour briser le silence, Mansour Faye signe son grand retour sur l’échiquier politique national. Celui qui veut désormais faire de son expérience carcérale un « sacerdoce » et un « combat juste sans faille » refuse de se murer dans le ressentiment, tout en agitant le chiffon rouge face aux dérives qu’il attribue au régime en place.

« Pauvre Sénégal, certes. Mais surtout : Sénégal debout », conclut le maire de Saint-Louis. Une formule choc en guise de cri de ralliement, qui résonne déjà comme un avertissement sans frais pour le pouvoir : l’ancien ministre de Macky Sall est bien décidé à transformer ses traumatismes d’hier en armes politiques pour demain.

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