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« Si le pays est bloqué c’est de la responsabilité de l’assemblée», selon Idrissa Samb

À l’initiative du mouvement « Kiiraay-Les patriotes républicains », plusieurs membres du gouvernement ont orchestré une offensive politique et médiatique d’envergure ce lundi 2 novembre 2026 à Mbacké. Face au spectre d’un blocage institutionnel, les ministres ont lancé un appel pressant aux députés de la majorité Pastef pour le vote de la Loi de finances rectificative (LFR) et de la Loi de finances initiale (LFI). Au cœur des débats : l’avenir socio-économique d’une jeunesse sénégalaise jugée « impatiente » de voir éclore les promesses étatiques.

L’effervescence des grands jours régnait à Mbacké ce lundi. Réunis à l’invitation du regroupement « Kiiraay-Les patriotes républicains », les ministres Moussa Balla Fofana, Alioune Dione, Idrissa Samb, ainsi que le Dr Abdoulaye Niane, Délégué général à la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide des jeunes et des femmes (DER/FJ), ont fait front commun. L’objectif de ce déplacement dans le cœur religieux et politique du pays était clair : sortir le débat budgétaire des salons dakarois pour le porter devant les populations, tout en envoyant un signal ferme à l’Assemblée nationale.

Le plaidoyer d’Idrissa Samb : Le budget au-delà des clivages

Prenant la parole au nom de l’attelage gouvernemental, le ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, s’est directement adressé aux forces vives de la région de Diourbel et des zones limitrophes, englobant les terroirs du Baol, du Ndiambour et du Djolof.

D’emblée, le ministre a refusé de voir l’examen du budget national réduit à des joutes partisanes. « La jeunesse exige des réponses concrètes et immédiates pour son avenir », a-t-il martelé, insistant sur le fait que l’heure n’est plus aux « jeux politiciens». Pour M. Samb, le budget de l’État n’est pas une simple colonne de chiffres, mais le moteur direct des politiques d’insertion qui impactent le quotidien des Sénégalais.

Les grands projets dans la tempête : Ce que coûterait un blocage

Entrant dans le détail technique et financier, Idrissa Samb a dressé un tableau alarmant des conséquences qu’engendrerait un rejet de la LFR et de la prochaine LFI par les parlementaires de Pastef. Selon lui, une telle posture paralyserait immédiatement les programmes phares de formation et d’emploi des jeunes.

Le ministre a listé les infrastructures majeures aujourd’hui directement menacées :

  • 23 centres de formation professionnelle dont les chantiers de construction prévus dans 23 départements du pays risquent d’être gelés.
  • 6 lycées agricoles et agroalimentaires répartis dans six régions clés, indispensables à la stratégie de souveraineté alimentaire. Le ministre a d’ailleurs rappelé, à titre d’exemple, l’impact positif de l’établissement témoin qui fonctionne déjà à Sadio, dans la région de Diourbel.

« Bloquer ces textes législatifs reviendrait purement et simplement à priver des dizaines de milliers de jeunes Sénégalais d’une formation, d’un stage ou d’un emploi stable », a prévenu Idrissa Samb pour qui, un vote négatif équivaudrait à suspendre les bourses d’études et à fermer les portes des entreprises partenaires à une jeunesse qui, selon ses termes, « n’a plus le temps d’attendre ».

Une tournée d’inaugurations sous le signe de l’action

Pour démontrer que l’action gouvernementale est déjà une réalité tangible sur le terrain, le ministre a dévoilé son agenda pour les jours à venir. Dès ce jeudi, il procédera à l’inauguration du très attendu centre de formation de Diourbel 2, une infrastructure moderne calibrée pour accueillir 1 500 apprenants.

Le ministre a toutefois apporté une précision notable concernant l’étape de Touba. Initialement, l’inauguration du centre de formation situé au sein du CCAK (capacité de 1 000 places) devait se faire de manière simultanée. Idrissa Samb a annoncé y avoir renoncé temporairement, justifiant ce choix par le statut particulier de la cité religieuse. « Touba est une ville spéciale qui mérite un programme spécial », a-t-il rappelé. Après l’étape de Diourbel, le ministre se rendra dans son fief de Linguère pour y couper le ruban de Linguère 2, un autre pôle de formation d’une capacité de 1 500 places.

Un appel au « sens de l’État » destiné à Pastef

Le point d’orgue de cette conférence de presse est sans conteste l’adresse solennelle faite aux députés de Pastef, qui détiennent les clés du vote à l’hémicycle. Haussant le ton, Idrissa Samb a délivré un « message de responsables», rappelant aux parlementaires que « le monde entier les regarde et que les Sénégalais les écoutent».

Dans une formule ciselée, le ministre de l’Emploi a rappelé les fondements de la République. « L’État et l’avenir de la nation doivent demeurer au-dessus de toutes les considérations politiques. Le patriotisme ne se mesure pas à la rigueur d’une opposition, mais à la capacité de faire passer l’intérêt national avant toute logique de clan », a laissé entendre le ministre Idrissa Samb et responsable de Kiiray Les Patriotes républicains à Linguére.

Nonobstant, le gouvernement a exhorté la majorité parlementaire au dépassement et à la raison, afin d’éviter que la jeunesse ne devienne la « victime collatérale de postures politiques». Les députés sont désormais face à un choix historique : voter le budget, non pas pour soutenir un gouvernement, mais pour garantir l’avenir de la jeunesse sénégalaise.

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