POINT DE VUE : OUSMANE NGOM PLAIDE POUR UN RETOUR AU DIALOGUE ET CITÉ LA MÉTHODE WADE COMME MODÈLE

Invité dimanche sur la RTS, l’ancien ministre Ousmane Ngom a déploré une « rupture de confiance » entre acteurs politiques et institutions. Il propose de revenir à une gouvernance basée sur le consensus, à l’image, selon lui, de la méthode pratiquée sous Abdoulaye Wade. Réformes électorales, comité de veille, dialogue avec l’opposition et les partenaires : il détaille les leviers pour « relancer un pays à l’arrêt ».
L’appel au consensus est de retour dans le débat public. Dimanche soir, invité de l’émission Point de vue sur la RTS, Ousmane Ngom, proche d’Abdoulaye Wade, a dressé un diagnostic sévère de la situation politique sénégalaise et plaidé pour un retour au dialogue. Il juge le contexte actuel marqué par une « rupture de confiance » entre les acteurs politiques et les institutions. Pour lui, cette défiance bloque le pays et nourrit les tensions. La sortie de crise, selon l’ancien ministre, passe par la réactivation de mécanismes de concertation capables de rassurer l’ensemble des forces politiques et les citoyens.
La méthode Wade érigée en référence
Ousmane Ngom a présenté la gouvernance de l’ancien président Abdoulaye Wade comme une piste à revisiter. Il explique que Me Wade avait « compris très tôt qu’un pays comme le Sénégal ne pouvait pas être conduit dans une logique d’affrontement permanent entre deux camps ». Cette approche, soutient-il, a permis de « construire des compromis politiques et démocratiques, au lieu d’un pilotage fermé du pouvoir ». L’ancien ministre insiste sur la capacité de Wade à maintenir des échanges avec ses adversaires et avec les institutions de Bretton Woods, qu’il pouvait critiquer sans « rompre le contact ». Une posture qu’il présente comme gage de stabilité dans un environnement pluraliste.
Réformes électorales et veille comme exemples de compromis
Pour illustrer son propos, Ousmane Ngom a cité les réformes électorales menées sous Wade. Il a notamment évoqué la numérisation du fichier électoral, la généralisation des cartes d’électeurs et des cartes d’identité. Ces outils, selon lui, avaient contribué à « rassurer les acteurs politiques et les partenaires ». Il a également rappelé la création d’un comité de veille électorale chargé de suivre le processus électoral avec la participation des partenaires, de la société civile et des responsables politiques. Ce dispositif, conçu pour garantir la transparence, est présenté comme un exemple de gouvernance ouverte et inclusive.
Un pays « à l’arrêt » qui doit retrouver l’espoir
Au-delà du champ électoral, Ousmane Ngom a décrit un Sénégal « à l’arrêt » et appelé à relancer l’activité économique et sociale. Il insiste sur la nécessité de redonner de l’espoir par une ouverture politique et sociale plus large. Pour cela, il cite des secteurs clés : le bâtiment, l’agriculture, la pêche, l’élevage et le secteur informel. Selon lui, la relance passe par une mobilisation de ces leviers traditionnels, combinée à un climat politique apaisé.
Une question de confiance qui traverse le débat public
L’intervention d’Ousmane Ngom s’inscrit dans une séquence où la question de la confiance revient de manière récurrente. En novembre 2025, Ansoumana Dione avait déjà attribué les tensions politiques à la relation entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, ainsi qu’aux conditions de l’élection présidentielle de 2024. Pour Ngom, il faut désormais « remettre en place des mécanismes capables de rassurer à la fois les formations politiques et les Sénégalais ». Il ne détaille pas de feuille de route précise, mais insiste sur l’urgence d’un cadre de dialogue structuré.
Une prise de position qui relance le débat sur la gouvernance
L’appel de l’ancien ministre intervient alors que le pouvoir actuel mène ses propres consultations dans le cadre de la Journée nationale du dialogue. En réactivant la référence à la méthode Wade, Ousmane Ngom propose une lecture alternative de la gestion des crises politiques : moins d’affrontement, plus de compromis institutionnalisé.
Reste à savoir si cette proposition trouvera un écho auprès des acteurs au pouvoir et de l’opposition, dans un contexte où chaque camp campe sur ses positions.


