SPORT: STADIUM JOSEPH GAYE, ENTRE PROMESSES ET RUINE

Regarde l’horreur. Le stadium Joseph Gaye n’est plus un temple du sport. C’est un champ de ruines au cœur de Ndar. Les murs sont lézardés comme des cicatrices ouvertes. Le sol, défoncé, truffé de trous qui tordent les chevilles à chaque appui. Les gradins, eux, se tiennent à peine debout. Un souffle de vent, une vibration trop forte, et tout peut s’écrouler. Voilà l’héritage hideux qu’on offre aujourd’hui à la capitale du Nord.

Et pourtant, ce sol a une mémoire. C’est ici que Mbarika Fall, la reine du basket sénégalais, a appris à dribbler, à chuter, à se relever. C’est ici que Ndeye Sène et Petit, dit Amadou Diop, ont grandi, balle au pied, rêves plein la tête, avant de porter le maillot national. Ce terrain a porté nos gloires. Aujourd’hui, il enterre nos espoirs. C’est pitoyable.

Le comble de la honte
Malgré les fissures, malgré le danger, nos enfants, nos jeunes, nos équipes qui croient au basketball, continuent d’y jouer avec tout ce que cela comporte comme risque. Ils courent sur des pièges. Ils s’entraînent sous des gradins qui menacent de s’effondrer. Chaque match devient une roulette russe. Chaque dribble, chaque tacle, chaque cri des supporters se joue au bord du drame. Joueurs et public prennent des risques énormes, juste pour garder le basketball en vie.

Des promesses mirobolantes en attente
La colère est d’autant plus vive que les Saint-Louisiens ont déjà cru au sursaut. Le maire Mansour Faye avait annoncé la réhabilitation du stadium Joseph Gaye au grand bonheur des férus du ballon orange. Les travaux devaient même démarrer. L’espoir avait repris : un terrain sans trous, des gradins solides, un lieu digne des champions que Ndar continue de produire.
Mais aujourd’hui, les ruines sont toujours là. Les pelles n’ont pas encore creusé. Et pendant que les promesses attendent, nos enfants continuent de jouer avec la mort.
Si les défunts Pa Alé, Pa Ndiaye Pagnet, Pa Mbaye Gueye ouvraient les yeux aujourd’hui, ils ne reconnaîtraient pas ce stadium. Ils pleureraient d’abord. Puis ils nous maudiraient. Laisser mourir le stadium Joseph Gaye, c’est déjà une faute. Mais forcer nos enfants à y risquer leur vie alors que la réhabilitation a été annoncée, c’est insupportable.
Aujourd’hui, la réhabilitation du stadium Joseph Gaye n’est plus une option mais c’est une urgence. Une urgence de santé publique, une urgence de dignité. On ne demande pas le luxe. On réclame ce qui avait été promis : un chantier qui démarre, des délais, des actes.
Tant que Joseph Gaye restera cette ruine où l’on joue, Ndar sera complice de son propre malheur.
Autorités, tenez parole avant le drame. Pas après.




