Saint-Louis: La SONAGED lance le PIC 7 à Pikine 700 pour une gestion durable des déchets

La SONAGED SA pose les bases d’un modèle économique de gestion des déchets dans le quartier Pikine 700. Le bassin de rétention de Pikine 700 avait des airs de chantier ce samedi. Plus d’eaux stagnantes, plus d’ordures entassées. À la place, des bâches blanches, des rangs de chaises et des uniformes verts de la SONAGED. La Société nationale de Gestion intégrée des Déchets (SONAGED) lançait officiellement le Programme d’Intervention communautaire SETT, PIC 7 afin de rendre Saint-Louis plus propre, et surtout, faire de la propreté l’affaire de tous.

La cérémonie a réuni Khoudia Léye Diouf, adjointe au gouverneur de la région de Saint-Louis chargée du Développement, et Khalifa Ababacar Sall, Directeur général de la SONAGED SA. Autour d’eux, il y avait des agents de la SONAGED, des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), des délégués de quartier, des groupements de femmes et jeunes des ASC. Tout Saint-Louis-Nord s’était donné rendez-vous. Cependant, la cérémonie a été marquée par l’absence des autorités municipales, ce qui a irrité le DG de la SONAGED.
« La propreté est l’affaire de tous »
L’adjointe au Gouverneur chargée du Développement, Khoudia Léye Diouf a, dans son discours, salué le travail déjà fait sur le terrain par la SONAGED. « J’ai constaté qu’un important travail de collecte des déchets a été effectué. Cette action mérite d’être encouragée», signale-t-elle. Puis elle a mis la pression là où ça compte : les collectivités territoriales. Pour elle, les maires, les présidents des conseils départementaux doivent jouer leur partition et accompagner cette initiative de la SONAGED participant à l’amélioration du cadre de vie. «Une meilleure gestion des déchets ne se décrète pas. Elle se construit avec les maires, les conseils départementaux, les chefs de quartier», précise-t-elle. Pour elle, . « sans l’implication des communes, le PIC7 restera une opération ponctuelle. Avec elles, ça peut devenir un réflexe».

Khalifa Ababacar Sarr, Directeur général de la SONAGED, a quant à lui, ancré le PIC7 dans une vision plus large. « Le PIC 7 s’inscrit dans la continuité du programme national ‘Setal Sunu Réew’. La salubrité publique est une priorité nationale. La propreté est l’affaire de tous : collectivités, services de l’État, entreprises et citoyens. Nous travaillons pour le développement de notre pays. Nous devons répondre présents ainsi que les collectivités territoriales, la communauté pour réussir les actions», indique M. Sarr qui magnifie les résultats déjà obtenus.
265 tonnes déjà sorties, l’économie circulaire en ligne de mire
Chiffre à l’appui, le DG a révélé que 265 tonnes de déchets avaient déjà été collectées dans le cadre des opérations préparatoires à Saint-Louis. Un avant-goût de ce que le PIC7 veut systématiser. Mais Khalifa Ababacar Sall est allé plus loin que le ramassage. «Le PIC7 doit être un Programme d’Investissement communautaire, pas juste une campagne de balayage. L’ambition est de bâtir un modèle économique durable autour des déchets », soutient le patron de la SONAGED. Selon lui, il faut fructifier économiquement les initiatives. « Il est nécessaire d’aller vers une économie circulaire en mettant en place des usines pour mieux gérer le secteur des déchets », insiste M. Sarr devant le délégué régional de la SONAGED Babacar Sadikh Diouf. Pour Khalifa Ababacar Sarr, sa structure ne ménagera aucun effort pour mettre tous sur les rails. Concrètement, la SONAGED mise sur trois leviers :
Collecter mieux : avec des bacs, des horaires, et des circuits adaptés aux quartiers.
Trier à la source : former les ménages à séparer organique, plastique, verre.
Valoriser : transformer. Compost pour les maraîchers, recyclage du plastique, fabrication de briques ou de pavés à partir des déchets. Le déchet devient matière première. Et surtout, source de revenus pour les jeunes et les femmes qui le collectent.
Les usines dont parle la SONAGED sont au cœur du PIC7. L’idée est simple. Il faut que Saint-Louis arrête d’enterrer ou de brûler ses déchets. Avec la montée des eaux et la pression démographique, l’ancienne méthode n’est plus tenable.
Pikine 700 : un laboratoire grandeur nature
Le choix de Pikine 700 n’est pas un hasard. Le bassin de rétention concentre tous les déchets de Saint-Louis : inondations chaque hivernage, dépôts sauvages, prolifération de moustiques, maladies diarrhéiques. « Lancer le PIC7 ici, c’est attaquer le nœud du problème. Si le modèle tient à Pikine 700, il peut être répliqué à Guet Ndar, Ndiolofène, Sor, Diamaguène. C’est tout le sens de notre pari : tester local, réussir local, déployer régional », estime M. Sarr qui n’est pas venu à Saint-Louis avec les mains vides.
Des brouettes, des râteaux, et de la responsabilité

Les discours ont laissé place aux actes. À la fin de la cérémonie, le Directeur général de la SONAGED a remis un lot important de matériel aux populations : balais, râteaux, brouettes, pelles, bacs à ordures. C’est certes un matériel simple mais indispensable.
Pour lui, la SONAGED ne vient pas donner des leçons. Elle donne les outils. À l’en croire, les premiers bénéficiaires sont les acteurs communautaires déjà à pied d’œuvre. Ceux qui ramassent quand les camions ne passent pas.

La présence des éléments des Forces de Défense et de Sécurité rappelle une réalité : l’insalubrité est aussi une question d’ordre public. C’est un secret de polichinelle. Quand les canaux sont bouchés, toute la ville inonde. Quand les tas d’ordures s’accumulent, les maladies explosent.
Et après le lancement ?
Le PIC7 vient de démarrer. La phase visible, on l’a vue samedi : mobilisation, matériel, discours. La vraie phase commence maintenant.
Pour la SONAGED, les prochaines étapes sont claires :
. Installer les unités de valorisation promises.
. Former les jeunes au tri et aux métiers de la filière déchets.
. Convaincre chaque ménage que séparer ses ordures, c’est protéger son quartier.
Khalifa Ababacar Sall l’a dit : l’économie circulaire n’est plus une option. «C’est une nécessité», révéle Khalifa Ababacar Sarr. Khoudia Leye Diouf très catégorique estime pour sa part que les collectivités doivent jouer le jeu. «Sans collaboration avec les mairies, aucun programme ne tient », insiste-t-elle.

À Pikine 700, samedi, les brouettes neuves alignées au bord du bassin racontaient déjà une histoire. Celle d’un quartier qui décide de reprendre la main sur son cadre de vie. Le PIC7 a un nom, un budget, une équipe. Maintenant, il a besoin de bras, de conscience citoyenne, et de temps.




