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APR : MACKY SALL RECONSTRUIT SON SECRÉTARIAT EXÉCUTIF DEPUIS RABAT


Sept nominations pour ancrer l’APR sur le terrain

Installé au Maroc depuis la fin de son mandat, Macky Sall n’a pas coupé les amarres avec la politique sénégalaise. Vendredi, l’ancien chef de l’État a signé une nouvelle vague de nominations au Secrétariat exécutif national ?SEN) de l’Alliance pour la République (APR). Sept personnalités sont promues à des postes clés. L’objectif est clair : consolider la stratégie du parti, renforcer son organisation interne et réaffirmer sa présence comme première force d’opposition après douze ans au pouvoir.

Cette réorganisation intervient dans un contexte où l’APR doit se réinventer. Sortie du Palais, la formation politique cherche à prouver qu’elle peut tenir le terrain, mobiliser, et peser dans le débat national sans les leviers de l’État.

Une « task force » technique et de proximité

Depuis Rabat, Macky Sall poursuit la structuration de son entourage politique. Le SEN se dote de profils ciblés, avec des périmètres précis. C’est fini pour les postes fourre-tout. Chaque nomination répond à un angle mort identifié après l’alternance.

Aminata Angélique Manga prend le secrétariat national chargé de la Microfinance, de l’Économie solidaire et de l’Inclusion sociale. C’est un choix stratégique. C’est le terrain des femmes, des jeunes, des GIE, des groupements féminins qui font vivre l’économie de base. Sa mission : concevoir des outils concrets pour que l’APR reste crédible sur le social, secteur où l’opposition doit faire la différence.

Antoine Mbengue hérite des affaires juridiques. En tant que secrétaire national, il devient le conseiller juridique du parti. Contentieux électoraux, conformité des statuts, relations avec le Conseil constitutionnel et la CENA : son rôle sera de sécuriser l’APR juridiquement. Dans un pays où les batailles politiques se jouent aussi devant les tribunaux, ce poste est devenu central.

Abdou Salam Guèye est nommé coordonnateur national des sages. Il aura la charge d’aller chercher la parole des anciens, des cadres historiques du parti, pour arbitrer et transmettre. À ses côtés, Mamadou Ba devient secrétaire national chargé de la médiation dans les conflits. Sa feuille de route : désamorcer les tensions internes, régler les querelles de leadership locales avant qu’elles ne s’enkystent. Dans tout parti, et surtout après une défaite, les fractures internes menacent. L’APR a choisi d’y répondre frontalement.

La logistique, les élus et la communication au cœur de la refonte

La réorganisation touche aussi les rouages du parti. Mamadou Mbengue est nommé vice-président de la chambre des élus. Il devra assurer la jonction entre les maires, députés et conseillers départementaux APR encore en poste et la direction nationale. Un maillon essentiel pour garder l’ancrage territorial quand on n’a plus les préfets ni les sous-préfets.

Cheikh Mbacké Ndiaye prend la logistique du parti comme secrétaire national. Meetings, caravanes, déplacements, matériel, sécurité : sans logistique, pas de mobilisation. C’est lui qui devra rendre possible l’occupation du terrain, dans un Sénégal où la rue reste le premier thermomètre politique.

Enfin, Doura Baldé récupère le portefeuille des relations publiques. Secrétaire nationale, elle devient l’interface entre l’APR, la presse et les réseaux sociaux. Sa mission : reconstruire le récit du parti après 12 ans de gestion du pouvoir, répondre aux attaques, expliquer les positions. Dans l’opposition, la bataille de la communication est permanente.

L’APR version 2026 : se professionnaliser pour résister

Ces nominations traduisent une volonté : professionnaliser le fonctionnement du parti. Il faut désormais loins de cumuls et plus de spécialisation. Macky Sall semble vouloir transformer l’APR en une machine politique rodée, capable de fonctionner hors du pouvoir.

Le positionnement est assumé. Après douze années à la tête de l’État, l’APR se revendique désormais comme la principale formation de l’opposition. Il faut donc s’organiser comme telle : anticiper, structurer, former, mobiliser.

Depuis Rabat, Macky Sall pilote à distance. Il ne gère plus l’État, mais il tient la barre de son parti. Les sept nouveaux secrétaires nationaux ont désormais une mission : prouver sur le terrain que l’APR n’est pas un parti d’anciens ministres en attente, mais une force politique capable de se réinventer.

Le test sera immédiat avec les prochaines échéances locales. La capacité à tenir les militants, à porter un discours alternatif, à occuper l’espace public, est très attendue. À Dakar, Thiès, Saint-Louis comme à Ziguinchor, les bases APR vont juger à l’aune des résultats.

Avec ce nouveau SEN, Macky Sall a posé ses pièces. C’est à son équipe maintenant de montrer que l’APR peut encore gagner, même depuis les bancs de l’opposition.

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