Phosphates de Thilogne: Un projet porteur d’emplois toujours bloqué sur fond de rivalités politiques

Le projet d’exploitation des phosphates de Thilogne, qui concerne notamment la commune des Agnams dans la région de Matam, peine toujours à démarrer. Pourtant, ses promoteurs le présentent comme une chance de développement pour cette partie du Fouta, où le chômage des jeunes et l’émigration restent des réalités préoccupantes.
A l’origine de cette initiative se trouve l’homme d’affaires sénégalais Mansour Bousso, à la tête de la société Amafrique. Bien que né à Dakar, ce fils du terroir souhaite investir dans sa région d’origine afin d’y créer une véritable industrie capable de générer des centaines d’emplois et de dynamiser l’économie locale.
Selon ses proches, la société porteuse du projet a accepté toutes les conditions posées lors des discussions avec les populations. Une grande partie des habitants y serait favorable, estimant que l’exploitation du phosphate pourrait offrir des perspectives à une jeunesse longtemps laissée en marge des politiques publiques. Dans ce cadre, plusieurs jeunes ont déjà bénéficié de formations financées par le promoteur, notamment dans la conduite d’engins de travaux publics.
Beaucoup d’entre eux auront des emplois rémunérés entre 250 000 et 300 000 francs CFA par mois. Pour certains, qui n’avaient jusque-là que très peu de débouchés, il s’agit là d’une opportunité inespérée à saisir.
Nonobstant ces efforts déployés par les promoteurs, le projet reste à l’arrêt. Officiellement, quelques groupes de personnes continuent de s’y opposer. Cependant, les soutiens du projet accusent certains responsables politiques locaux, d’entretenir la contestation. Selon eux, toute initiative qui échappe à leur contrôle fait systématiquement l’objet d’un rejet.
Pour les promoteurs, ce blocage risque de priver la localité d’importantes retombées économiques. Ils mettent également en garde contre le risque de voir les tensions s’aggraver, comme ce fut le cas dans d’autres dossiers liés aux ressources naturelles, notamment à Fanaye ou à Dodel, où des conflits avaient éclaté autour de projets de développement.
Aujourd’hui, le projet des phosphates de Thilogne se retrouve ainsi pris entre les ambitions économiques d’un investisseur qui dit vouloir contribuer au développement de sa région et des considérations politiques locales qui, selon ses défenseurs, freinent sa réalisation. Une situation qui continue de diviser, alors que de nombreux jeunes attendent toujours les emplois promis.
Face à cette situation, plusieurs voix appellent l’État à assumer pleinement ses responsabilités. Au-delà des divergences locales, il lui revient de garantir un climat favorable à l’investissement, de préserver les emplois déjà créés et d’éviter que les tensions autour des ressources naturelles ne mettent en péril la stabilité sociale. Pour les partisans du projet, l’urgence est de trouver une solution concertée afin de protéger les vies humaines, sécuriser les investissements et offrir aux jeunes de Thilogne et des Agnam les perspectives d’emploi qu’ils attendent depuis des années.
Abou KANE




