Louga : L’ONFP forme les artisans bijoutiers à l’impression 3D

L’Office national de formation professionnelle (ONFP) a remis, ce vendredi, des attestations à vingt bijoutiers de la région. Formés aux technologies numériques, ces artisans sont désormais outillés pour substituer le « Made in Louga » aux importations de bijoux.
Une nouvelle ère s’ouvre pour l’artisanat à Louga. Vingt bijoutiers locaux, membres du Groupement d’intérêt économique (GIE) And Sukali Sunu Mecce, ont officiellement reçu leurs attestations de fin de stage ce vendredi. Cette distinction couronne une formation intensive en impression 3D appliquée à la bijouterie, une initiative stratégique de l’Office national de formation professionnelle (ONFP).
Moderniser pour s’affranchir des importations
Pour Mouhamadou Lamine Bara Lô, directeur général de l’ONFP, cette session répond à un impératif de modernisation face aux mutations du marché global. « Les bijoutiers sénégalais sont confrontés à de nombreux défis, notamment une forte dépendance aux importations et des difficultés à produire des bijoux en série selon des standards internationaux », a-t-il diagnostiqué.
L’introduction de la technologie 3D change radicalement la donne. Elle offre aux créateurs la possibilité de concevoir et de dupliquer localement des modèles complexes qui étaient, jusqu’à présent, massivement importés d’Asie. « Ce que les Sénégalais allaient chercher à l’étranger pourra désormais être conçu et fabriqué par les bijoutiers sénégalais », s’est réjoui le directeur général.
La formule a déjà fait ses preuves. Des bénéficiaires des premières cohortes nationales ont récemment remporté un prestigieux marché public pour la fabrication de médailles lors d’une compétition nationale. Un signal fort qui démontre la viabilité économique de ce transfert de compétences, opéré par petits groupes de 20 à 25 apprenants pour garantir un encadrement pédagogique optimal.
Un tournant « historique » pour les artisans
Du côté des professionnels, l’enthousiasme est à la mesure de l’enjeu. Madiop Seck, président de l’Association des bijoutiers de Louga, n’a pas hésité à qualifier cette formation d’« historique » pour la région. « C’est la première fois que nous bénéficions d’une telle opportunité. Le « Made in Louga » est désormais une réalité dont nous sommes très fiers », a-t-il magnifié, soulignant la capacité neuve de ses pairs à produire des pièces de haute technicité, y compris des médailles sportives de grande envergure.
Forts de ce nouveau savoir-faire, les artisans demandent maintenant à l’État de jouer le jeu de la commande publique. « Nous avons les compétences et les moyens techniques nécessaires pour répondre à toutes les commandes. Nous souhaitons bénéficier de la confiance des pouvoirs publics », a plaidé M. Seck.
L’ONFP mise sur la diversification régionale
Cette initiative s’insère dans le programme annuel de l’ONFP dédié à la modernisation des métiers par le numérique. Au-delà de la bijouterie, l’office prévoit de densifier ses interventions dans la région de Louga avec des sessions à venir en apiculture et en transformation laitière.
Mouhamadou Lamine Bara Lô a conclu en assurant que sa structure continuera de servir de passerelle technique et financière entre ces nouveaux diplômés et les organismes d’accompagnement de l’État, afin de transformer l’essai pédagogique en succès industriel.




