Fédération sénégalaise de football : « La communication désordonnée tue l’institution », alerte Pape Alassane Mbaye

Le torchon brûle au sein du Comité exécutif (COMEX) de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Moins de 24 heures après une réunion stratégique nocturne, l’unité affichée a volé en éclats à coup de déclarations contradictoires par voie de presse. Un spectacle désolant qui fait réagir Pape Alassane Mbaye, figure du football local. L’ancien président de la Zone 10 et actuel vice-président de Saint-Louis Académie Foot tape du poing sur la table pour exiger le retour immédiat à l’ordre et à la discipline républicaine.

« Moins de 24h. C’est le temps qu’il aura fallu pour que le travail de toute une nuit s’effondre », déplore d’emblée le dirigeant sportif. « Une réunion du COMEX qui se termine à 1h du matin, des débats, des concessions, un consensus arraché… Et au lever du jour, des sorties médiatiques contradictoires qui donnent l’impression que chaque membre est devenu porte-parole de sa propre vérité. À quoi ça sert alors ? » s’interroge-t-il avec amertume.
Pour ce passionné du ballon rond, la situation est critique. « La communication désordonnée tue l’institution. Une institution comme la fédé ne vit pas seulement de décisions. Elle vit de la façon dont ces décisions sont portées», signale-t-il.
Un diagnostic en trois points noirs
Selon le vice-président de Saint-Louis Académie Foot, les membres du COMEX font face aujourd’hui à trois dérives majeures qui affaiblissent l’instance fédérale :
« D’abord, vous dévalorisez le travail collectif », tonne Pape Alassane Mbaye. « Passer des heures à débattre pour trouver un compromis n’a de sens que si, à la sortie, on défend le compromis. Sinon, à quoi bon siéger ? Chaque déclaration individuelle revient à dire : « Mon avis personnel vaut plus que la décision des membres du COMEX ». Ensuite, quand le COMEX parle à plusieurs voix, il ne parle plus. Il bégaye. Et une institution qui bégaye perd en autorité. Enfin, vous créez la confusion chez les Sénégalais. Le citoyen, le supporter lambda ne comprend plus rien. Qui dit vrai ? Quelle est la position officielle ? On affaiblit la confiance et on brouille le message », peste l’ancien président de la Zone 10 de l’ODCAV de Saint-Louis.
L’unité et la charte de solidarité : le plaidoyer pour la méthode « Jules »
Face à ce désordre, Pape Alassane Mbaye rappelle que « la force d’une fédération, c’est la solidarité de groupe ». Une ligne de conduite fermement défendue par le Président Jules, à laquelle il apporte son soutien total. « Pour le respect des décisions du COMEX, Président Jules, nous sommes en phase. C’est la règle qui fait tenir toutes les grandes organisations sportives au monde», estime notre interlocuteur.
Il insiste sur trois principes qu’il juge non négociables :
- Le débat interne : « Les divergences s’expriments en salle, pas dans la presse. Le COMEX est le lieu du débat. On se bat, on argumente, on vote. C’est sain, c’est démocratique. Mais une fois la porte fermée, la décision devient celle de tous. »
- La responsabilité collective : « Après la décision, c’est la responsabilité collective qui parle. On peut avoir été contre en réunion. Mais dehors, on applique et on défend. C’est ça la discipline républicaine. C’est ça le respect. »
- L’unicité de la parole officielle : « Une seule voix, c’est-à-dire la voix de la fédé. D’où le rôle fondamental de la Commission Communication du COMEX. Elle n’est pas là pour décorer. Elle est mandatée pour traduire fidèlement les décisions et être la seule voix officielle. Si chacun communique, alors à quoi sert la Commission ? À quoi sert un porte-parole ? »
Mettre la FSF au-dessus des individualités
Pour Pape Alassane Mbaye, l’heure n’est plus aux ego mais à l’exemplarité, car « la crédibilité d’une Fédération ne se décrète pas. Elle se construit. Et elle se construit sur quelques piliers : l’unité, la discipline, le respect des décisions. »

Lancé dans un vibrant appel à la responsabilité, il avertit les fédéraux. « Dans le contexte actuel, vous n’avez pas le droit à l’erreur. Les populations vous regardent. Elles attendent de vous de l’exemplarité, pas du spectacle. Soit vous êtes un COMEX, un collectif, une équipe ; soit vous êtes 20 individualités qui parlent chacune pour soi. L’intérêt de la FSF doit toujours primer sur les intérêts individuels», laisse entendre M. Mbaye.
Le dirigeant sportif conclut en listant trois mesures urgentes pour éteindre l’incendie : la validation et diffusion stricte des comptes rendus par la Commission Communication, un rappel à l’ordre interne sur le devoir de réserve, et la sanctuarisation de la Commission Communication comme unique voix habilitée. «L’unité n’est pas une option. C’est une exigence de victoire », rappelle-t-il avec force.




