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Rupture Faye-Sonko : la Coalition Diomaye Président dénonce des « attaques scandaleuses » et une « confrontation permanente »

Le divorce politique entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, vient de franchir un nouveau cap d’une violence verbale inédite. Dans un communiqué officiel publié ce lundi 13 juillet 2026, la Coalition Diomaye Président est montée au créneau pour exprimer sa « vive indignation » face aux récentes déclarations d’Ousmane Sonko, fustigeant une posture jugée indigne de la deuxième personnalité de l’État.

Le camp présidentiel sonne la charge

La réplique de la mouvance présidentielle fait suite au week-end de mobilisation du parti PASTEF dans le bassin arachidier. La Coalition Diomaye Président n’a pas mâché ses mots, qualifiant les propos du leader des patriotes de « scandaleux » et regrettant qu’il « veuille coûte que coûte perturber la quiétude des citoyens ».

Le texte cible directement le comportement d’Ousmane Sonko, dénonçant une « rupture avec l’esprit de responsabilité attendu de tout dirigeant » ainsi que des « attaques crypto-personnelles envers le Chef de l’État ». Pour la coalition, cette stratégie de la tension permanente « n’honore point » la haute fonction de président de l’Assemblée nationale.

Face à ce qu’elle considère comme des gesticulations politiques, l’organisation a tenu à réaffirmer sa loyauté envers le locataire du palais de l’Avenue Roume : « Le Président Bassirou Diomaye Faye gouverne avec méthode, sérénité, ouverture et sens des responsabilités. Il est dans l’action et la recherche de solutions pour améliorer les conditions de vie de nos compatriotes, là où d’autres semblent privilégier la confrontation permanente ». Le ton est donné : le camp présidentiel se positionne en garant de la stabilité institutionnelle face à un Sonko dépeint en agitateur.

Touba et Mbacké, théâtres de la déclaration de guerre de Sonko

Cette levée de boucliers intervient au lendemain d’une démonstration de force d’Ousmane Sonko les 11 et 12 juillet à Touba et Mbacké. À l’occasion de l’inauguration du nouveau siège départemental de PASTEF à Mbacké, le président du Parlement s’est livré à un réquisitoire implacable contre l’exécutif devant une foule de militants survoltés.

Ousmane Sonko a ouvertement brandi la menace du blocage institutionnel, annonçant le dépôt prochain d’une série de motions de censure contre le gouvernement du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Il accuse ce dernier d’avoir purement et simplement « trahi la ligne souverainiste » initialement défendue par le projet de PASTEF, notamment concernant la renégociation des contrats et la gestion des ressources pétrolières, gazières et minières du pays.

Plus incisif encore, le leader de PASTEF s’en est pris frontalement à son ancien « frère d’armes », Bassirou Diomaye Faye, qu’il a qualifié de « politiquement disqualifié ». Des propos qui scellent définitivement la fin du mythique binôme « Diomaye moy Sonko » qui avait bousculé l’espace politique sénégalais lors de la présidentielle de mars 2024.

Une recomposition politique totale

Le Sénégal traverse une phase de reconfiguration politique accélérée depuis le séisme du 22 mai 2026, date à laquelle Ousmane Sonko a été limogé de son poste de Premier ministre par le président Faye. Élu au perchoir de l’Assemblée nationale quatre jours plus tard, le 26 mai, Sonko a transformé l’hémicycle en bastion de l’opposition parlementaire face à l’exécutif.

Les tensions s’étaient déjà cristallisées fin juin autour d’une réforme constitutionnelle majeure votée par les députés de la majorité parlementaire de PASTEF, avant d’être finalement invalidée par le Conseil constitutionnel, exacerbant la guerre des pouvoirs.

La rupture sera définitivement matérialisée dans les semaines à venir. Le président Bassirou Diomaye Faye a d’ores et déjà annoncé la tenue, le 8 août prochain à la Dakar Arena, du congrès constitutif de sa propre formation politique. Une initiative qui marque l’acte de naissance officiel du parti présidentiel et la fin d’une alliance historique. Le Sénégal entre ainsi dans une cohabitation tumultueuse où chaque camp affûte désormais ses armes pour les prochaines échéances électorales.


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