La souveraineté alimentaire au cœur des priorités : Ahmadou Al Aminou Lô engage le gouvernement pour sauver la filière du riz local

Face à la crise de mévente qui frappe de plein fouet les producteurs de la vallée du fleuve Sénégal, le gouvernement passe à la vitesse supérieure. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a présidé ce mercredi une réunion technique de haute importance stratégique entièrement consacrée à la commercialisation du riz local.
Cette rencontre, qui s’est tenue à la primature, marque un tournant décisif dans la gestion de la filière rizicole nationale. Elle a réuni un large tour de table comprenant plusieurs ministres, des directeurs généraux de services étatiques, des producteurs, des commerçants, des importateurs ainsi que des représentants des associations de consommateurs. Cette forte mobilisation témoigne de la volonté ferme du chef du gouvernement d’associer l’ensemble de la chaîne de valeur pour co-construire des solutions durables.

Des mesures d’urgence pour éponger les stocks
Au cœur des discussions figuraient les mécanismes de régulation du marché et le renforcement des circuits d’écoulement de la production nationale. La situation exigeait une réponse forte : en juin dernier, les stocks invendus de riz blanc et de paddy dans la vallée du fleuve Sénégal culminaient à plus de 335 000 tonnes, asphyxiant l’économie rurale et menaçant l’équilibre financier des exploitations.

Cette réunion technique s’inscrit dans la continuité directe du plan d’urgence amorcé début juillet par le ministère de l’Industrie et du Commerce. Pour donner de l’air aux producteurs, les autorités avaient alors acté la suspension temporaire des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA) pour le riz. Dans la foulée, un accord crucial avait permis l’achat de 9 000 tonnes de riz blanc local par des importateurs privés, pour une enveloppe globale de 3,15 milliards de francs CFA.
Vers une régulation structurelle du marché
L’implication personnelle d’Ahmadou Al Aminou Lô confirme que le dossier du riz est désormais classé priorité nationale. Lors d’un conseil interministériel tenu au début du mois, le Premier ministre avait déjà instruit le ministère de l’Industrie et du Commerce de concevoir un mécanisme permanent de régulation des importations. L’objectif est clair : sanctuariser le marché intérieur pour le riz sénégalais avant d’ouvrir la voie aux produits extérieurs.

Pour veiller au grain et éviter tout essoufflement des mesures adoptées, l’exécutif a instauré un dispositif de suivi renforcé. Un comité de suivi de la commercialisation se réunira désormais chaque semaine pour évaluer l’état des stocks, la fluidité des ventes et le respect des engagements par les commerçants.
Le cap maintenu sur la souveraineté alimentaire
Au-delà de la réponse conjoncturelle à la crise de mévente, cette table ronde technique pose les jalons d’une réorganisation profonde de la filière. À travers la sécurisation des revenus des paysans et la priorisation systématique de la production locale, le gouvernement réaffirme son ambition à long terme : réduire drastiquement la dépendance du Sénégal vis-à-vis des marchés mondiaux de céréales et sécuriser, pas à pas, la souveraineté alimentaire du pays.



