Gestion des frontières à Saint-Louis : L’implication communautaire au cœur de la nouvelle stratégie nationale

La gestion des régions frontalières exige une dynamique singulière, combinant impératifs sécuritaires et développement local. C’est le constat partagé ce mardi par le gouverneur de Saint-Louis, Al Hassan Sall, lors d’une réunion de la Commission régionale de gestion des frontières (CRGF) dédiée à la vulgarisation de la Politique nationale de gestion des frontières (PNGF).
« La manière de gérer une région frontalière est différente de celle d’une région qui ne l’est pas », a d’emblée précisé le chef de l’exécutif régional. Pour lui, la spécificité de ces zones géographiques impose une approche inclusive, centrée sur le capital humain. « Les frontières riment souvent avec un certain nombre de vices liés aux trafics illicites, aux flux migratoires, aux échanges commerciaux et parfois aux conflits », a-t-il rappelé pour justifier l’urgence d’une action coordonnée.
Une approche globale et inclusive
Face à ces défis, le Sénégal a structuré sa feuille de route autour de piliers participatifs. Selon Al Hassan Sall, « cette politique est basée sur l’implication des communautés, sur une approche économique et sur une approche sécuritaire globale ». L’ambition est claire : intégrer de manière transversale les questions de santé, d’environnement et de dynamisation économique, tout en s’appuyant sur des initiatives d’échanges culturels qui favorisent une cohabitation pacifique entre communautés voisines.
Le désenclavement et l’accès aux services de base constituent également des priorités majeures. L’accent sera mis sur le renforcement des infrastructures frontalières « de façon à ce que les populations puissent disposer d’un certain nombre de commodités ». Si le gouverneur insiste sur une « présence marquée des forces de défense et de sécurité », le succès durable de cette politique repose avant tout sur l’engagement direct des collectivités territoriales et des résidents.
Cap sur l’horizon 2034
La pertinence de ce dispositif prend tout son sens à Saint-Louis, une région caractérisée par une complexité géographique unique. Mohamed Mountaga Diallo, consultant de la CRGF, a souligné que Saint-Louis possède la particularité de concentrer les quatre formes de frontières possibles : terrestre, maritime, aérienne et fluviale.
Fruit d’une recommandation du Parlement africain, la PNGF s’articule autour de six axes majeurs, incluant la délimitation, la démarcation, la réaffirmation des frontières, et l’amélioration de la gouvernance sécuritaire. Le plan se projette sur le long terme. « L’objectif, c’est qu’à l’horizon 2034, le Sénégal puisse disposer de frontières connues, reconnues, sécurisées et où les populations vivent dans la paix, dans la tranquillité, avec les meilleures conditions de développement », a conclu M. Diallo.




