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Enseignement supérieur : Le Sénégal érige l’Université Gaston Berger en modèle de l’intégration UEMOA

SAINT-LOUIS – Le Sénégal s’impose comme le bon élève de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en matière de mobilité étudiante. Avec plus de 80 % des recommandations communautaires d’ores et déjà appliquées, le pays affiche une nette longueur d’avance sur ses voisins. Le constat a été dressé ce mercredi à Saint-Louis par le professeur Alé Kane, directeur de la coopération de l’Université Gaston Berger (UGB), en marge d’une grande tournée de sensibilisation de la Commission de l’UEMOA.

L’UGB, vitrine de l’égalité des droits

Sur le campus de Sanar, l’intégration régionale n’est pas un vain mot. Les étudiants originaires des huit pays membres de l’espace bénéficient rigoureusement des mêmes droits que leurs camarades sénégalais.

« Qu’il s’agisse du traitement administratif, de l’accès aux formations ou des œuvres sociales, l’égalité est totale », a martelé le professeur Alé Kane. Selon lui, le Sénégal a su lever « les principaux points de blocage » qui freinent encore la libre circulation académique ailleurs. Cette politique d’ouverture historique pousse l’UGB, qui a déjà candidaté au statut de centre d’excellence de l’UEMOA, à vouloir aller encore plus loin. « Ce qui a été réalisé est important, mais ce n’est pas encore suffisant », a nuancé le directeur, promettant de renforcer l’accueil des ressortissants de la sous-région.

Des opportunités majeures mais méconnues

Si le cadre réglementaire progresse, l’accès à l’information reste le principal défi. Présente à la rencontre, la représentante résidente par intérim de la Commission de l’UEMOA au Sénégal, Aïssatou Lam, a rappelé les droits fondamentaux des étudiants et enseignants-chercheurs de l’espace communautaire.

Le principe cardinal demeure le traitement égalitaire, en particulier le plafonnement des frais d’inscription au même tarif que pour les nationaux. Pourtant, Mme Lam a dû concéder un déficit de communication : « Il y a une faible maîtrise, par les étudiants, des opportunités réellement offertes par l’organisation ». De plus, cette directive peine encore à être uniformément appliquée à l’échelle du bloc ouest-africain.

Les frontières, dernier bastion des blocages

L’enthousiasme de la forte mobilisation estudiantine – portée notamment par le Club CEDEAO et le Club de culture générale de l’UGB – n’a pas masqué les réalités du terrain. Lors des débats, plusieurs étudiants ont vivement dénoncé les tracasseries et les obstacles persistants aux frontières terrestres et aéroportuaires.

Face à ces témoignages, Aïssatou Lam s’est engagée à faire remonter ces griefs directement auprès des instances supérieures de l’UEMOA afin de trouver des solutions durables. Si le Sénégal montre la voie, le chemin vers un espace universitaire ouest-africain totalement fluide et intégré nécessite encore l’harmonisation des pratiques de tous les États membres.

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