UGB en crise : les PATS paralysent l’administration pour exiger la réunion du Conseil d’administration

Le bras de fer se durcit à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Les Personnels administratifs, techniques et de service (PATS), réunis au sein de leur intersyndicale, ont entamé un nouveau débrayage de 48 heures. Par ce mouvement de protestation, les travailleurs entendent forcer la main au nouveau président du Conseil d’administration (PCA), qu’ils accusent de bloquer délibérément le fonctionnement institutionnel de l’université.
Un blocage post-budgétaire qui persiste
L’origine de cette impasse administrative remonte au vote du budget 2026. Les représentants du personnel avaient alors donné leur accord « sous réserve » de la finalisation de deux dossiers techniques spécifiques. Bien que les commissions chargées de ces questions aient rendu leurs conclusions, aucune réunion n’a été planifiée pour acter les décisions.
« C’est une situation que nous déplorons profondément », dénonce Amath Diallo, coordinateur de l’intersyndicale et secrétaire général du STESU. « Le Conseil d’administration refuse d’être convoqué par son président. Nous avons tenté à plusieurs reprises de demander la tenue de cette session extraordinaire, mais nous nous heurtons à un refus systématique dont nous ignorons les motivations. »
La carte réglementaire : l’ultimatum du 22 juillet
Devant l’absence de réponse de la hiérarchie, les syndicalistes ont choisi de porter l’affaire sur le terrain juridique. S’appuyant sur l’article 16 du décret 2021-15-01, l’intersyndicale a réussi à mobiliser le tiers des membres du Conseil d’administration pour exiger une convocation d’office.
Mame Demba Diop, secrétaire général de la section SYNPICS de l’UGB, a précisé la stratégie : « Nous avons formellement déposé une demande de convocation en fixant la date limite au 22 juillet. Cette grève de 48 heures est un signal fort pour obliger les autorités à agir afin que nous puissions reprendre le travail normalement. » Ce blocage prolonge une crise entamée début juin, où une première grève avait déjà ciblé le PCA pour le gel de dotations et de régularisations financières d’agents.
Risque de paralysie générale à Sanar
Ce conflit local s’ajoute à un mécontentement sectoriel plus large. Les PATS pointent également du doigt le silence du ministère de l’Enseignement supérieur concernant la généralisation de l’indemnité de logement.
À l’UGB, l’accumulation de ces tensions administratives et financières commence à peser lourdement sur la gestion courante de l’institution. Faute de délibérations du Conseil d’administration, de nombreux dossiers stratégiques restent en suspens, menaçant la stabilité de l’année universitaire à Sanar.




