PRIMATURE : MOUHAMADOU AL AMINE LO, LE TECHNOCRATE DE LA BCEAO APPELÉ À PILOTER « SÉNÉGAL 2050 »

À 60 ans, Mouhamadou Al Amine Lo accède à la Primature après une carrière construite à la BCEAO. Économiste, spécialiste des marchés financiers et de la finance islamique, il a gravi tous les échelons de la Banque centrale avant de devenir secrétaire général en 2024. Entré au gouvernement en avril 2024, il pilotait depuis l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Sa nomination consacre un profil rompu aux négociations financières internationales et à la coordination administrative de l’État.
Le parcours de Mouhamadou Al Amine Lo ressemble à une montée en puissance méthodique. Technocrate formé dans les cercles les plus exigeants de la finance publique ouest-africaine, il est désormais chargé de diriger la Primature et de traduire en actes l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».
Un parcours académique marqué par l’excellence
Né en 1966, l’économiste de formation se distingue tôt. En 1985, il sort major de promotion du Prytanée militaire de Saint-Louis avec un baccalauréat scientifique mention Bien. Il poursuit ses études à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, puis se spécialise au Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires.
Il complète son profil en 2023 avec un Executive Master en Islamic Finance à l’INCEIF University de Kuala Lumpur, confirmant son expertise sur un segment en pleine expansion dans l’espace UMOA.
37 ans à la BCEAO, de la salle des marchés au secrétariat général
C’est à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest que Mouhamadou Al Amine Lo construit l’essentiel de sa carrière. Recruté en 1987, il gravit progressivement les échelons : trésorerie, opérations de marché, activités bancaires, systèmes d’information, puis direction nationale pour le Sénégal.
En 2024, il atteint le sommet de l’institution en devenant secrétaire général de la BCEAO. À ce poste, il est au cœur des grands dossiers financiers de la sous-région : accompagnement des émissions souveraines du Sénégal sur les marchés internationaux, relations avec les agences de notation, négociations avec les institutions de Bretton Woods, et structuration des financements liés aux secteurs stratégiques, notamment pétrolier et gazier.
Il participe également aux réflexions sur l’intégration monétaire régionale et à la promotion de la finance islamique dans l’espace UMOA, un domaine où il fait désormais figure de référence.
Une entrée rapide au cœur de l’appareil d’État
Appelé au gouvernement en avril 2024, il devient ministre Secrétaire général de la Présidence. Poste clé, cette fonction fait de lui le pivot de la coordination administrative de l’action gouvernementale dès les premiers mois de la nouvelle gouvernance.
Un an plus tard, il est promu ministre d’État chargé du suivi de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ». Il supervise alors la mise en œuvre opérationnelle et l’évaluation de la stratégie de développement à long terme portée par le président Bassirou Diomaye Faye.
Un profil technique au service de la conduite de l’exécutif
Sa nomination à la Primature consacre un profil de haut fonctionnaire rompu aux mécanismes financiers régionaux et internationaux. Mouhamadou Al Amine Lo est perçu comme un homme de dossiers, habitué à piloter des processus complexes impliquant l’État, les marchés et les partenaires techniques et financiers.
Spécialiste des politiques macroéconomiques, de la régulation bancaire, des marchés financiers et de la finance islamique, il arrive à la tête du gouvernement avec une double légitimité : celle du technicien crédible auprès des investisseurs, et celle du coordonnateur qui connaît les rouages de l’administration sénégalaise.
Mission : transformer l’agenda en résultats
À la Primature, sa tâche principale reste la mise en œuvre de « Sénégal 2050 ». Le plan mise sur la souveraineté économique, la création d’emplois, la réforme de l’État et l’investissement dans les secteurs productifs : agriculture, pêche, élevage, industrie et secteur informel.
Sa connaissance des circuits de financement et sa proximité avec les institutions de Bretton Woods seront déterminantes pour mobiliser les ressources nécessaires. Reste à transformer cette expertise technique en gains concrets pour l’économie réelle et à maintenir la stabilité politique nécessaire à l’exécution des réformes.
Avec Mouhamadou Al Amine Lo, la Primature s’appuie sur un profil de continuité administrative et de rigueur financière. Le pari est de faire de l’État un opérateur efficace, capable de négocier à l’international et d’exécuter à l’intérieur.



