Crise interne à PASTEF : Démission fracassante du DG de l’hôpital Le Dantec sur fond d’accusations de « gestion clanique »

Le parti au pouvoir traverse une zone de turbulences. Le docteur El Hadji Mansour Diop, directeur général de l’hôpital Aristide Le Dantec et membre influent du Mouvement national des cadres patriotes (MONCAP), a officialisé sa démission de PASTEF-Les Patriotes dans une lettre ouverte explosive adressée ce 22 juillet 2026 à Ousmane Sonko. Le clinicien y dresse un réquisitoire sévère contre l’entourage du Premier ministre et président du parti, dénonçant des dérives managériales et une rupture profonde avec les valeurs originelles de la formation politique.
Le triptyque « Jub-Jubbal-Jubbanti » mis à rude épreuve
Revenu à la vie politique après dix ans de retrait, ce cadre universitaire affirme avoir été séduit par la promesse de transparence et d’éthique de PASTEF. Un idéal aujourd’hui brisé. Dans sa missive, El Hadji Mansour Diop constate avec amertume que l’intégrité a été supplantée par « des logiques de personnes » et « une gestion clanique ». Selon lui, le phénomène de lobbying que dénonçait Ousmane Sonko en juillet 2025 s’est désormais solidement « réfugié dans son propre entourage».
La rupture définitive a été consommée le 16 juillet 2026. À la suite d’un Conseil des ministres, le Dr Diop a été brutalement exclu du groupe de travail « MONCAP Santé et Protection sociale » par le commissaire Ousmane Cissé. Une éviction sans demande d’explication préalable, qualifiée par l’intéressé de « règlement de comptes » visant à étouffer la contradiction interne.
Censure et dysfonctionnements démocratiques à la base
Au-delà de son cas personnel, le démissionnaire met en lumière des failles démocratiques majeures au sein des instances de base, citant notamment la section communale de Mbam (département de Foundiougne). En crise depuis 2022, cette section aurait été purement et simplement contournée lors du congrès du 6 juin 2026 au profit d’instances non officielles, réintégrant d’anciens démissionnaires au mépris des règles internes.
Le professionnel de la santé déplore également une censure active au sein de la branche santé du parti, évoquant notamment la disparition d’un don de 400 000 FCFA des rapports officiels et le déclin de la réflexion scientifique au profit d’une gestion informelle.
Le regret d’une « culture de l’ingratitude »
Ce départ fracassant met en exergue le contraste saisissant entre l’investissement personnel du cadre et le traitement qui lui a été réservé. Rappelant son engagement de terrain, le Dr Diop a listé ses contributions majeures au projet :
- La prise en charge bénévole de nombreux blessés lors des manifestations politiques dans sa propre clinique.
- L’assistance humanitaire (médicaments et soutien alimentaire) apportée aux détenus politiques lors d’une épidémie de gale.
- La mobilisation de sa propre ambulance lors de la « Caravane de la liberté » en mai 2023, véhicule qui avait été saisi par les autorités sans qu’aucun soutien du parti ne lui soit apporté.
« Le parti pour lequel j’ai tout donné ne correspond plus à celui que j’ai rejoint », tranche El Hadji Mansour Diop, fustigeant une culture de l’ingratitude devenue « la chose la mieux partagée au sein du parti ». Cette démission d’un profil technique de premier plan pose une nouvelle fois la question de la gestion des compétences et de la liberté d’expression au sein de la mouvance présidentielle.




