Saint-Louis, le cri du cœur d’un conseiller face au blocage des chantiers structurants

Saint-Louis, ville tricentenaire et joyau classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, traverse une crise profonde qui suscite l’indignation de ses acteurs locaux. Dans un appel solennel teinté d’amertume et de gravité, Elhadj Momar Dièye, conseiller départemental de Saint-Louis et membre du Mouvement des Abcdaires du Sénégal, brise le silence. Son constat est sans appel : la vieille ville, affectueusement surnommée Ndar, paie le prix fort des rivalités politiques nationales.
Ndar, otage des querelles politiques
Pour le conseiller départemental, la situation s’est dramatiquement détériorée à la suite des bouleversements politiques de 2024 qui ont porté le PASTEF au pouvoir. Selon Elhadj Momar Dièye, le différend opposant l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko au maire de Saint-Louis, Mansour Faye qu’il considère comme « envoyé en prison injustement », a fini de paralyser la gestion locale.
Cette confrontation au sommet de l’État se répercute directement sur les administrés. L’auteur de la tribune rappelle une vérité essentielle : « Quand Ndar souffre, c’est tout le Sénégal culturel qui souffre ». Saint-Louis n’est pas une simple circonscription administrative ; elle incarne l’histoire, la culture et le rayonnement international du pays.
L’arrêt des chantiers structurants : un coup de massue pour les populations
L’expression « trop c’est trop » résume le ras-le-bol des Saint-Louisiens face à ce que le conseiller qualifie de délaissement programmé. Le principal motif de colère réside dans le gel brutal de plusieurs projets d’envergure, pourtant vitaux pour le quotidien des habitants et l’attractivité de la commune.
Le principal motif de colère réside dans le gel brutal de plusieurs projets d’envergure, pourtant vitaux pour le quotidien des habitants et l’attractivité de la commune. Parmi ces chantiers prioritaires, la suspension des travaux de l’Hôpital Me Alioune Badara Cissé prive la région d’un complexe sanitaire indispensable pour désengorger les structures médicales actuelles. De même, l’arrêt du programme PROMOVILLE paralyse la modernisation des infrastructures routières urbaines qui devaient désenclaver de nombreux quartiers. Enfin, le blocage des projets d’assainissement laisse la population sans défense face aux inondations, un défi pourtant crucial pour la survie de cette ville amphibie.
Le blocage de ces investissements publics impacte directement la qualité de vie des populations, accentuant la précarité et le sentiment d’abandon.
Un appel solennel à l’exécutif pour la réhabilitation de la ville
Face à ce constat, Elhadj Momar Dièye refuse la fatalité et lance un appel direct au président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’au Premier ministre Al Amine Lo. Il exige une reprise urgente des chantiers et une rupture nette dans la méthode de gestion de la municipalité.
Qualifiant l’état actuel du patrimoine de la ville de « honte à nos autorités », le conseiller départemental réclame un plan Marshall pour sa réhabilitation immédiate. Pour lui, la sauvegarde de Saint-Louis dépasse les clivages partisans : c’est un devoir national envers un patrimoine de l’humanité. L’urgence est là, car comme le conclut si bien le leader des Abcdaires : « Ndar mérite mieux ».




