Dakar : L’AGETIP réplique fermement aux accusations de «banditisme» lancées par la municipalité

Le climat institutionnel se tend brutalement dans la capitale sénégalaise. Un bras de fer ouvert oppose désormais la Ville de Dakar à l’Agence d’Exécution des Travaux d’Intérêt Public (AGETIP). Récemment pris à partie de manière virulente par le maire de Dakar, Abass Fall, qui a publiquement qualifié certaines pratiques d’aménagement urbain de « banditisme », le Directeur général de l’AGETIP, El Hadj Malick Gaye, est sorti de sa réserve pour apporter une réplique particulièrement ferme.
Une défense catégorique du cadre légal
Face aux graves accusations ciblant les projets de réaménagement urbain, notamment sur la Corniche Ouest et dans plusieurs artères stratégiques de la capitale, le patron de l’AGETIP a balayé d’un revers de main toute suspicion d’irrégularité. Lors d’une mise au point médiatique, M. Gaye a tenu à rappeler le statut et la rigueur qui caractérisent l’institution qu’il dirige.
Selon lui, l’agence n’agit pas de son propre chef mais opère exclusivement sous le sceau de conventions de Maîtrise d’Ouvrage Déléguée (MOD), un mécanisme juridique parfaitement encadré par la législation sénégalaise.
« L’AGETIP est une institution reconnue pour sa rigueur et son respect des procédures légales. Mettre en cause la légalité de nos interventions relève d’une méconnaissance profonde des mécanismes de la maîtrise d’ouvrage publique », a martelé El Hadj Malick Gaye, réfutant ainsi toute opacité ou gestion unilatérale des chantiers dakarois.
Appel au « dialogue républicain » contre la surenchère
Au-delà de la bataille technique et juridique, c’est le ton employé par la municipalité qui a profondément indigné la direction de l’AGETIP. Qualifiant les propos de l’édile dakarois de disproportionnés et regrettables, M. Gaye a invité l’autorité municipale à revenir à la raison et à privilégier les canaux officiels plutôt que les invectives par médias interposés.
« Nous invitons le maire à la retenue et au dialogue républicain », a-t-il insisté. Pour le directeur général, l’aménagement d’une métropole de l’envergure de Dakar ne peut s’accommoder de spectacles politiques. « La gestion de l’espace urbain exige de la concertation et de la sérénité, non de la surenchère verbale sur la place publique. »
La modernisation de la capitale en ligne de mire
Malgré cette zone de turbulence, l’AGETIP réaffirme sa volonté de ne pas bloquer les chantiers en cours. L’agence maintient son engagement à poursuivre les projets de modernisation des infrastructures, qu’elle juge essentiels pour améliorer le cadre de vie des citoyens dakarois et fluidifier la mobilité dans la capitale.
Ce conflit met en lumière les frictions récurrentes entre les compétences de la municipalité et les agences d’exécution étatiques dans la gestion de l’espace public dakarois. Reste à savoir si l’appel au calme et à la concertation lancé par l’AGETIP sera entendu par l’hôtel de ville, ou si ce clash médiatique n’est que le premier acte d’une escalade plus longue.




