Formation professionnelle au Sénégal : Le 3FPT au chevet de l’enseignement supérieur privé

Le Directeur général du 3FPT, Soulèye Kane, a accordé une audience cruciale à la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (FEPES). Au menu des discussions : lourdeurs administratives, retards de paiement et filières d’avenir comme l’IA.
Par la Rédaction — Dakar, le 30 septembre 2026
C’est une rencontre au sommet qui pourrait redéfinir les contours de la formation professionnelle au Sénégal. Le mardi 29 septembre, les locaux du Fonds de Financement de la Formation professionnelle et technique (3FPT) ont abrité une audience majeure entre le Directeur général de l’institution, Soulèye Kane, et une forte délégation de la Fédération des établissements privés d’enseignement supérieur (FEPES), conduite par son président, Daour Sène.
L’objectif de ce tête-à-tête était clair : crever l’abcès sur les difficultés asphyxiant le secteur privé et jeter les bases d’un accompagnement plus efficace.
Le cri du cœur des opérateurs privés
Face aux autorités du 3FPT, la délégation de la FEPES n’a pas caché ses inquiétudes. Daour Sène et ses pairs ont exposé une série de défis majeurs qui freinent leur élan. En première ligne des doléances figurent les lourdeurs administratives des procédures de labellisation et, surtout, les retards de paiement qui fragilisent la trésorerie des établissements.
La fédération a également pointé du doigt l’insuffisance de la commande publique ainsi qu’un manque d’inclusion flagrant, regrettant la faible implication des acteurs privés dans les grands arbitrages sur les politiques de formation.
Un pilier de 70 % de l’offre éducative
Conscient du poids économique et social de ses interlocuteurs, Soulèye Kane a tenu à remettre les chiffres au centre du débat. Le secteur privé assure à lui seul près de 70 % de l’offre de formation au Sénégal. Un constat implacable qui impose, selon le Directeur général, un soutien accru de l’État, mais qui exige en contrepartie un encadrement et un contrôle rigoureux pour garantir l’excellence.
S’agissant des critiques sur la labellisation, le patron du 3FPT a joué la carte de la pédagogie. Il a rappelé que les textes réglementaires encadrant ce processus existent depuis 2019. Cette mise au point technique visait avant tout à fluidifier la compréhension des exigences administratives afin de permettre aux établissements de mieux franchir chaque étape.
Cap sur l’IA et les énergies renouvelables
Au-delà des griefs, cette audience a ouvert une lucarne prometteuse sur l’avenir de la jeunesse sénégalaise. Les discussions ont largement convergé vers la modernisation des curricula, avec un focus prononcé sur les secteurs en pleine mutation : le numérique, l’intelligence artificielle (IA) et les énergies renouvelables.
Affichant une totale disponibilité, Soulèye Kane a réaffirmé l’engagement du 3FPT à porter les initiatives de la FEPES. L’ambition affichée est désormais de co-construire, avec l’ensemble des acteurs du secteur, une cartographie des filières à privilégier. Une démarche essentielle pour que la formation professionnelle réponde enfin, avec précision, aux besoins réels et urgents du marché de l’emploi sénégalais.



