3éme édition Festival Walo Art 2026 : La culture comme moteur du développement à Richard-Toll

Du 26 au 31 octobre 2026, la ville sucrière de Richard-Toll sera le cœur battant de la création et de l’engagement citoyen dans le Nord du Sénégal. Pour sa troisième édition, le Festival Walo Art se déploie sous un thème résolument ambitieux : « La Culture au service du développement territorial ». Porté par l’Association DEF CI WALO et son président Ibrahima Fall, dit « ICE », l’événement s’affirme cette année comme un incubateur d’opportunités pour la jeunesse locale.
Après les succès notables des éditions 2024 et 2025, le Festival Walo Art revient avec la ferme intention d’inscrire la culture dans l’agenda économique de la région. Pour le promoteur Ibrahima Fall, l’ambition dépasse largement le cadre des festivités : « Notre objectif n’est pas simplement d’organiser un événement culturel, mais de faire du Festival Walo Art un levier de développement local, en créant des opportunités concrètes pour les jeunes, les femmes, les artistes et les entrepreneurs de notre territoire »
L’innovation digitale et technique au cœur du programme
La grande nouveauté de ce cru 2026 réside dans l’accent mis sur la professionnalisation et les technologies du futur. Une formation gratuite en régie son et lumière se tiendra du 26 au 29 octobre à la Salle des Fêtes de Richard-Toll. Elle offrira aux jeunes du terroir des compétences techniques recherchées dans les métiers du spectacle.
La première masterclass, intitulée « De l’idée au contenu, créer avec l’IA pour faire vivre la culture et le patrimoine », initiera les participants à l’usage des outils d’intelligence artificielle générative. Ce module pratique leur apprendra à transformer des concepts abstraits, des récits historiques ou des traditions locales du Walo en contenus textuels, visuels ou audiovisuels captivants, permettant ainsi de moderniser la transmission de la mémoire collective et de sauvegarder le patrimoine culturel de la région grâce aux nouvelles technologies.
La seconde masterclass, intitulée « Faire rayonner son art et son territoire : communication digitale et stratégie de contenu », se concentrera sur l’art de la promotion et du positionnement sur internet. Les artistes, artisans et entrepreneurs locaux y apprendront à structurer une ligne éditoriale efficace, à maîtriser les algorithmes des réseaux sociaux et à concevoir des campagnes de communication percutantes, dans l’optique de monétiser durablement leurs œuvres tout en valorisant l’identité et les richesses des onze communes du département de Dagana.
Ces modules visent à donner aux créateurs locaux les clés du numérique pour exporter leur savoir-faire bien au-delà des frontières du Walo.
Un carrefour d’expressions et de citoyenneté
Pendant six jours, les onze communes du département de Dagana se retrouveront autour d’un programme éclectique. Le Slam aura une place de choix avec un atelier animé par l’artiste Hajara Thiam. La mode, l’artisanat et les concerts live viendront rythmer les soirées de la cité.
Le festival se veut aussi un espace de réflexion et d’action civique. Des panels citoyens seront consacrés à des problématiques cruciales pour l’avenir de la région : l’assainissement, l’économie circulaire et l’agriculture durable. L’idée est de fédérer le département autour d’une vision écologique et solidaire.
Le point focal de cette effervescence sera le Village du Festival, ouvert durant toute la manifestation. Il abritera une foire artisanale et des stands dédiés à l’entrepreneuriat local.
Le défi du financement : un appel aux partenaires
Malgré le prestige grandissant de l’événement, le modèle économique reste fragile. Ibrahima Fall aborde la question financière sans détour : « Organiser un festival de cette envergure exige des moyens considérables. Nous avons de grandes ambitions, mais le financement reste un défi. »
Si le festival bénéficie du soutien de partenaires historiques tels que la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS), la mairie de Richard-Toll, l’ONG MON-3, ainsi que de la contribution de ses membres et de mécènes, le budget n’est pas encore totalement bouclé. Le président de DEF CI WALO lance donc un appel pressant aux bonnes volontés : « Soutenir le Festival Walo Art, c’est investir dans la culture, la jeunesse et le développement de Richard-Toll et du département de Dagana. »
En se positionnant comme une école à ciel ouvert, le Walo Art 2026 prouve que la culture n’est pas un luxe, mais un investissement d’avenir pour la jeunesse sénégalaise.




