Programme « BE YES » : avec 91% de remboursement, Dagana s’impose comme « une référence nationale » pour la DER/FJ

En tournée dans le nord, la Déléguée générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes, Aïda Mbodj, a salué les « résultats probants » du département de Dagana. Avec un taux de recouvrement de 91%, le territoire se positionne pour une deuxième phase de financement, tandis qu’à Podor la DER/FJ pousse vers les « fermes intégrées intelligentes » du modèle « Bay sa War ».
Après Podor, cap sur Dagana. La Déléguée générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), Aïda Mbodj, poursuit sa tournée de suivi et d’évaluation du programme « Be Yes », « une initiative mise en œuvre par la DER/FJ avec l’appui de la Fondation Mastercard ».
À Dagana, le verdict est sans appel. Aïda Mbodj s’est dite « très satisfaite » du taux de remboursement des crédits accordés par sa structure : « Au niveau de Dagana, les résultats sont probants. Ils parlent d’eux-mêmes avec 91% de taux de recouvrement, et personnellement, j’en suis très satisfaite ».
Le programme « Be Yes » « vise à promouvoir l’insertion socioéconomique des jeunes de 18 à 35 ans, en soutenant l’entrepreneuriat et l’auto-emploi, en accordant une attention particulière aux femmes, aux personnes en situation de handicap et aux groupes vulnérables ».
Dagana, le « bon élève » qui ouvre la porte à la phase 2
Pour la DER/FJ, le taux de recouvrement est la clé de voûte du dispositif. « Il faut impérativement un bon taux de recouvrement pour bénéficier de nouveaux financements », a martelé la Déléguée générale. Sur ce critère, « le département de Dagana constitue un exemple en matière de recouvrement, contrairement à d’autres localités n’ayant pas pu accéder à une deuxième phase de financement en raison de dettes non remboursées ».
Le bilan de la première phase à Dagana pèse : « un financement de 39 513 900 francs CFA a été mobilisé au profit de 406 bénéficiaires formés, dont 78 % sont des femmes et 6 % des personnes en situation de handicap ». Au-delà des individus, « le programme a également permis de financer 21 Groupements d’intérêt économique (GIE) et trois entreprises, tout en consolidant 213 emplois ».
Conséquence directe de ces performances : « un financement prévisionnel de 27 200 000 francs CFA est en cours de déploiement dans le département de Dagana, un investissement dont il est attendu 160 emplois ». Pour Aïda Mbodj, « ces performances positionnent Dagana comme une référence nationale en matière de gestion et de remboursement des crédits dans le cadre des programmes d’appui à l’entrepreneuriat ».
Podor : cap sur les fermes « Bay sa War » et l’agriculture intelligente
L’étape de Podor a permis de tracer les perspectives pour les porteurs de projets agricoles. « À Podor, Aïda Mbodj a encouragé les bénéficiaires des programmes agricoles à s’orienter vers des fermes intégrées intelligentes, un modèle soutenu par l’État dans le cadre de la stratégie de souveraineté alimentaire ».
Cette réorientation fait suite à une évaluation post-financement. « La DER/FJ a procédé à une évaluation ayant permis d’identifier de nouvelles opportunités pour les bénéficiaires, notamment dans le secteur agricole ». Résultat : « Nous avons conseillé aux bénéficiaires
d’accéder à des superficies plus importantes et de s’orienter vers l’exploitation de fermes modernes ».
Le modèle promu s’inscrit dans « la vision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui promeut le développement de fermes intégrées dénommées ‘Bay sa War' ». Concrètement, « ces exploitations agricoles, d’une superficie de cinq hectares chacune, sont dotées d’équipements modernes et de systèmes de gestion intelligente permettant un suivi à distance ».
La gouvernance est pensée pour l’inclusion : « Chaque ferme est organisée autour d’une coopérative agricole communautaire, avec une forte implication des jeunes et des femmes ». L’accompagnement de la DER/FJ sera global : « la DER/FJ prendra en charge l’équipement, l’aménagement ainsi qu’un appui en fonds de roulement pour les semences et le cheptel ».
Technologie contre le vol de bétail
La modernisation touche aussi la sécurité des exploitations. Aïda Mbodj a évoqué « l’introduction d’innovations technologiques pour lutter contre le vol de bétail, un phénomène qui affecte fortement les éleveurs ». « Un système d’alerte a été mis en place avec l’appui d’une start-up, permettant de détecter toute tentative de vol et d’alerter automatiquement ».
Entre la rigueur de gestion saluée à Dagana et la montée en gamme technologique prônée à Podor, la DER/FJ dessine les contours de la phase 2 du programme « Be Yes » : plus de financements là où le remboursement suit, et plus d’innovation pour sécuriser et rentabiliser l’investissement public.



