CENTENAIRE D’ABDOULAYE WADE : DIOMAYE FAYE APPELLE À L’UNITÉ – «AUCUNE QUERELLE NE MÉRITE DE DÉCHIRER LE SÉNÉGAL »

Invité d’honneur de la célébration des 100 ans de Me Abdoulaye Wade ce jeudi à Dakar, le Président Bassirou Diomaye Faye a rendu un hommage appuyé à son prédécesseur. Au-delà du protocole, le chef de l’État a délivré un message politique fort : dépassement des clivages, résilience et préservation de l’unité nationale.
L’événement était historique. Pour les 100 ans de l’ancien Président Abdoulaye Wade, le Palais, l’opposition, la société civile et la communauté internationale se sont retrouvés sous un même toit. Au pupitre, le Président Bassirou Diomaye Faye a livré « un hommage empreint de respect, mais aussi porteur d’un message politique fort».
« L’adversaire d’un jour n’est pas un ennemi»
Devant un parterre d’invités, il a salué l’héritage de l’ancien président tout en mettant en avant les valeurs de patience, de résilience et de dépassement des clivages qui ont marqué son parcours.
Le ton est donné. « Vous nous avez appris que l’adversaire d’un jour n’est pas un ennemi et qu’il peut même devenir le partenaire du lendemain », a déclaré le chef de l’État, s’adressant directement au centenaire. Une phrase qui « a trouvé un écho particulier dans un contexte politique souvent marqué par les tensions et les antagonismes ».
L’unité nationale au-dessus des querelles
Le cœur du message de Diomaye Faye tient en une formule : « Vous nous avez appris qu’aucune querelle, si vive soit-elle, ne mérite que l’on déchire le pays qui nous est commun ».
Bassirou Diomaye Faye a surtout insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale au-dessus des divergences politiques. À l’heure où le Sénégal sort d’années de crispations, où la Haute Cour de justice instruit les dossiers de l’ancienne gouvernance, le Président choisit Wade pour rappeler que la République est plus grande que les camps.
Wade, « homme d’État qui n’a jamais désespéré du Sénégal »
En effet, le chef de l’État a présenté Abdoulaye Wade comme un homme d’État dont l’expérience continue d’inspirer les générations actuelles. Il a également souligné sa capacité à ne jamais désespérer du Sénégal, même dans les moments les plus difficiles.
Vingt-six ans d’opposition, deux alternances, un exil, un retour : la trajectoire de Me Wade devient, dans la bouche de Diomaye Faye, une leçon de constance. Pour Bassirou Diomaye Faye, l’une des plus grandes leçons léguées par l’ancien président réside dans cette faculté à rester ferme dans ses convictions sans céder à l’amertume ou à la haine.
« On peut tenir bon sans se durcir et continuer d’aimer profondément un pays qui vous éprouve », a-t-il affirmé.
Un appel à l’apaisement qui dépasse l’hommage
Un message qui, au-delà de l’hommage rendu au centenaire d’Abdoulaye Wade, apparaît comme un appel à l’apaisement et au rassemblement dans le débat politique sénégalais.
Le symbole est puissant : le plus jeune président de l’histoire du Sénégal salue le doyen des anciens chefs d’État. Entre les lignes, Diomaye Faye dessine sa doctrine : fermeté sur les principes, ouverture sur les personnes. La rupture, oui, mais pas la fracture.
Le Président place la célébration du centenaire de Wade sous le signe de la réconciliation. C’est un signal fort qui vient d’être envoyé à la classe politique, à la société civile, mais aussi à la diaspora et aux partenaires.
Wade, trait d’union entre les époques
De Senghor à Diomaye Faye, Me Abdoulaye Wade aura traversé tous les régimes. Opposant historique, bâtisseur d’infrastructures, artisan de l’alternance de 2000, figure de la contestation de 2012, il incarne à lui seul 60 ans de vie politique.
En le célébrant, Diomaye Faye ne réhabilite pas un bilan : il revendique un héritage de combat démocratique. Il dit aussi qu’on peut tourner la page sans déchirer le livre.



