Saint-Louis Jazz 2026 : La 34e édition lancée sous le signe de la souveraineté culturelle

SAINT-LOUIS, 13 mai 2026 – La mythique place Baya s’apprête à vibrer au rythme des notes bleues. La 34e édition du Festival International de Jazz de Saint-Louis a été officiellement lancée ce mercredi soir à Kër Thiane, un imposant hangar situé au sud de l’île. La cérémonie s’est déroulée en présence d’autorités administratives, de figures culturelles et d’une importante délégation de la Côte d’Ivoire, pays invité d’honneur de cette année.
La culture comme moteur de développement économique
Pour le gouvernement sénégalais, cet événement dépasse le cadre d’un simple rendez-vous musical. Bakary Sarr, secrétaire d’État à la Culture, aux Industries créatives et au Patrimoine historique, a réaffirmé la vision de l’État lors de son allocution d’ouverture « la culture est un véritable levier de développement pour le pays et le festival de jazz en constitue un puissant écosystème ».
Cette dimension économique et diplomatique s’est matérialisée par la présence du chef de la délégation ivoirienne, Koffi Amani. En signe de fraternité et de coopération culturelle, ce dernier a remis des pagnes tissés traditionnels au secrétaire d’État Bakary Sarr ainsi qu’au maire de la ville, Mansour Faye.
« Le jazz n’est pas un invité, il est chez lui »
Le président de l’association Saint-Louis Jazz, Idrissa Bengeloun, a prononcé un discours fort, rappelant les liens viscéraux qui unissent la vieille cité tricentenaire aux racines de cette musique afro-américaine.
« La culture est un levier de souveraineté. Saint-Louis est une ville qui porte en elle des racines du jazz. À Saint-Louis, le jazz n’est pas un invité, il est chez-lui », a-t-il martelé avec fierté. M. Bengeloun a également profité de cette tribune pour remercier les partenaires institutionnels et rendre un hommage appuyé à ses prédécesseurs, notamment au président d’honneur de l’association, Me Ibrahima Diop.
De son côté, le maire Mansour Faye a qualifié le festival de « patrimoine pour la cité », assurant du soutien indéfectible de la municipalité pour pérenniser cet événement majeur de l’agenda local. La dimension internationale de la cérémonie a été rehaussée par la présence de Carine Roberts, ambassadrice du Royaume-Uni au Sénégal, de Sarah Camara, directrice déléguée de l’Institut français, et de Khoudia Lèye, adjointe au gouverneur chargée du développement.
Entre notes de piano et commerce transfrontalier
Le coup d’envoi artistique de la scène « IN » est programmé ce mercredi soir à 21 heures sur la place Baya, avec une performance très attendue du pianiste polonais Kuba Stankiewicz et de son quartet.
Parallèlement aux concerts, le festival vit au rythme de sa foire artisanale et commerciale internationale. Véritable carrefour d’échanges, elle accueille cette année des exposants venus de toute la sous-région et du continent :
- Mali
- Burkina Faso
- Côte d’Ivoire
- Niger
- Cameroun
- Maroc
- Mauritanie
Un symbole visuel fort et une renommée mondiale
L’affiche officielle de cette 34e édition a été conçue par l’artiste plasticien Baye Mballo Kébé. Elle synthétise l’identité saint-louisienne à travers trois symboles visuels : le pont Faidherbe, les briques rouges architecturales de l’ancien Ndar, et la silhouette d’un trompettiste.
Créé en 1992, le Festival de Jazz de Saint-Louis s’est imposé comme l’un des sommets de l’agenda culturel africain. Classé depuis 2016 parmi les plus importants festivals de jazz au monde, il a vu défiler plus de 250 légendes internationales à l’image de Manu Dibango, Lucky Peterson, Randy Weston ou Marcus Miller, ainsi que les étoiles de la musique sénégalaise comme Youssou Ndour, Baaba Maal et Cheikh Lô. En 2026, la vieille ville confirme plus que jamais son statut de carrefour universel du dialogue et de la mémoire.




