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À l’anniversaire de Babacar Seye, son fils ravive le devoir de mémoire

Ce jour d’anniversaire n’est pas comme les autres pour Abdoulaye Seye. En face de lui, le souvenir de son père, Maître Babacar Seye, ancien président du Conseil constitutionnel, tué dans l’exercice de ses fonctions. Et avec lui, l’exigence de ne pas laisser l’histoire s’effacer.

Dans une déclaration grave, il revient sur ce qu’il appelle « l’une des plus grandes tragédies institutionnelles de l’histoire politique du Sénégal ». Pour Abdoulaye Seye, l’assassinat de son père ne relève pas d’une affaire privée ni d’un simple fait divers judiciaire. C’est, dit-il, « une atteinte grave à l’État de droit, à l’indépendance de la justice et aux fondements démocratiques du Sénégal ».

« Lorsqu’un magistrat de cette stature tombe sous les balles dans l’exercice de sa mission, c’est toute la République qui est interpellée », martèle-t-il. Les mots sont pesés. Derrière eux, l’idée que le temps ne doit pas recouvrir l’événement d’un voile de silence ni le réduire à un objet de calcul politique.

Abdoulaye Seye craint surtout l’oubli. Un oubli qui, selon lui, banaliserait les atteintes portées à la justice, aux libertés et aux institutions républicaines. « Un peuple qui oublie les tragédies ayant marqué son combat démocratique risque de banaliser les atteintes contre la justice, les libertés et les institutions républicaines », prévient-il.

Son appel s’adresse aux autorités publiques, qu’il juge porteuses d’un « devoir de mémoire envers ceux qui ont servi la République avec dignité et courage ». Mais il ne s’arrête pas là. Politiques, juristes, intellectuels, défenseurs des droits humains, société civile : il les invite tous à prendre part à cet effort de mémoire.

Rendre hommage à Maître Babacar Seye, insiste-t-il, ne signifie pas rouvrir les blessures du passé. C’est plutôt réaffirmer l’attachement du Sénégal à des principes simples mais fondamentaux : la vérité, la justice, le respect des institutions. 

« Aucun modèle démocratique ne peut durablement exister sans mémoire, sans justice et sans reconnaissance des sacrifices consentis pour protéger l’État de droit », rappelle-t-il. 

Au-delà de l’hommage familial, Abdoulaye Seye veut adresser un message aux générations qui viennent : la justice ne doit jamais plier face à l’intimidation, et les institutions républicaines doivent être défendues contre toute tentative de fragilisation. 

« Que sa mémoire demeure vivante dans la conscience nationale », conclut-il, comme pour ancrer un nom et un combat dans la mémoire collective du pays.

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