Saint-Louis face au péril des eaux : L’ONAS déploie des solutions d’urgence et prône l’union sacrée avant l’hivernage

Dans le cadre de sa tournée nationale consacrée aux opérations pré-hivernales, le Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), Seny Diène, a procédé ce mardi à une inspection critique des dispositifs de prévention des inondations dans la commune de Saint-Louis. Face à l’urgence climatique et aux spécificités topographiques de la vieille ville, l’accent a été mis sur l’accélération des chantiers et la coresponsabilité citoyenne.
La traque des points noirs de l’assainissement a conduit la délégation de l’ONAS au cœur de Tableau Walo, l’un des secteurs les plus bas et les plus exposés aux risques de submersion de la ville. Sur place, le Directeur général a longuement échangé avec le gouverneur, le préfet, le maire, ainsi que les délégués de quartier et les comités de vigilance locale. Pour Seny Diène, la réussite de la stratégie repose entièrement sur une synergie d’action immédiate. « Nous avons tenu à remercier le gouverneur, le préfet, le sous-préfet, le maire, les délégués de quartier ainsi que tous les acteurs communautaires qui participent activement à cette lutte. Leur engagement est essentiel pour protéger les populations », a déclaré M. Diéne.
Un réseau sous haute tension topographique

Sur le plan technique, Saint-Louis dispose d’un patrimoine d’assainissement non négligeable, le Directeur général ayant rappelé que la commune compte près de 120 kilomètres de réseau d’eaux usées adossés à huit stations de pompage, ainsi que 40 kilomètres de réseau pluvial connectés à une quinzaine de stations d’évacuation dédiées.
Toutefois, ce maillage impressionnant se heurte à de lourdes réalités physiques et structurelles. L’exutoire des eaux reste un casse-tête permanent. « Les infrastructures existent, mais les contraintes topographiques et l’urbanisation rendent leur exploitation plus complexe. Il faut également améliorer l’accessibilité de certains quartiers pour faciliter les interventions», a signalé Seny Diéne.
Le cas du sous-quartier de Pikine Tableau Walo est à ce titre emblématique. Situé à un niveau proche du « zéro marin », sa configuration géographique annule l’effet de la gravité, rendant l’évacuation des eaux pluviales particulièrement laborieuse, tandis que l’étroitesse des rues interdit l’accès aux camions hydrocureurs en cas de crise.
Le projet des « dix villes » ralenti : la parade des 400 mètres
Face aux blocages persistants constatés dans l’exécution du grand projet d’assainissement des « dix villes », l’ONAS a dû improviser des alternatives techniques pour ne pas laisser les résidents sans défense face aux premières grosses pluies.
La réponse court-terme repose sur un chantier de contournement stratégique : la pose d’une nouvelle conduite de refoulement longue de 400 mètres. Ce dispositif d’urgence vise à shunter le principal goulet d’étranglement qui paralyse le réseau de cette zone sensible. Le Directeur général s’est montré optimiste quant au respect des échéances : les travaux affichent un taux d’avancement satisfaisant et la mise en service est confirmée pour le 15 juillet prochain. Seny Diène invite toutefois à un réalisme lucide : ces aménagements atténueront fortement les impacts des submersions, mais ils ne constitueront pas un remède miracle immédiat pour l’ensemble de la commune.
Vers une « culture de l’appropriation » face à l’incivisme
Au-delà des tuyaux et des pompes, le diagnostic de l’ONAS reste social. Le sabotage involontaire des infrastructures par le rejet des ordures ménagères dans les canaux à ciel ouvert détruit l’efficacité des investissements publics. L’autorité a lancé un appel vibrant aux populations pour qu’elles s’érigent en gardiennes de leur propre sécurité. « Les infrastructures ne peuvent produire tous leurs effets que si elles sont protégées par les populations elles-mêmes. Nous devons développer cette culture de l’appropriation et de la préservation des ouvrages afin d’éviter de revivre les mêmes difficultés chaque hivernage», a souhaité le Directeur général de l’ONAS.
Saluant le réveil de plusieurs initiatives citoyennes et de comités de quartier engagés bénévolement dans le curage préventif des caniveaux, Seny Diène a réaffirmé que la lutte contre les inondations ne se gagnera pas uniquement dans les bureaux des ingénieurs, mais bien au coin de chaque rue saint-louisienne.




