Justice : Les comptes du CROUS de Saint-Louis saisis, l’Université Gaston Berger sous la menace d’une paralysie totale

Le Centre régional des Œuvres universitaires de Saint-Louis (CROUS) traverse l’une des plus graves crises de son histoire. Entre le lundi 20 et le mercredi 22 juillet, les avoirs financiers de l’institution ont fait l’objet d’une saisie-attribution d’envergure auprès de plusieurs institutions bancaires majeures du Sénégal. Cette offensive judiciaire fait suite à une condamnation ferme de la Chambre sociale de la Cour d’appel pour licenciements abusifs.
L’opération, révélée par le quotidien L’Observateur, a été exécutée par l’huissier de justice Me Mamadou Alpha Diallo. Ce dernier a ciblé les comptes du CROUS logés au sein de grands établissements de la place :
- La CBAO
- Sunu Bank Sénégal (anciennement Bicis)
- La Banque Atlantique
- La Banque de l’Habitat (BHS)
La direction conteste la forme et annonce des recours
Interrogé sur cette procédure qui gèle les fonds de la structure, le directeur général du CROUS, Babacar Diop, a vivement réagi dans les colonnes du journal. Tout en affichant une posture de fermeté, il met en avant un vice de procédure concernant l’information de ses services. « À l’heure où je vous parle, ni moi, ni l’agent comptable, n’avons reçu la notification officielle. Mais, nous allons exercer toutes les voies de recours que la loi nous offre avant d’envisager un paiement », a déclaré Babacar Diop.
Pour la direction, aucun règlement n’est à l’ordre du jour tant que l’acte exécutoire n’aura pas été formellement et juridiquement porté à sa connaissance. Une bataille de procédures légales s’annonce donc avant tout déblocage de fonds.
Un campus social au bord de l’asphyxie
Les conséquences de ce gel bancaire s’annoncent dramatiques pour l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis. Le CROUS est l’organe vital du campus, chargé de la gestion du logement, de la santé, du paiement des bourses et de la restauration des milliers d’étudiants.
Cette coupure soudaine des flux financiers intervient dans un climat social déjà délétère au sein de l’institution. En février dernier, l’intersyndicale du CROUS s’était insurgée contre le non-respect des engagements pris par la direction dans un procès-verbal de conciliation partielle, signé sous l’égide de l’Inspection régionale du travail.
Ce bras de fer s’ajoute à un historique lourd de contestations. L’UGB a récemment été secouée par la fermeture temporaire des restaurants universitaires, une mesure radicale décidée par la direction face aux mouvements d’humeur des étudiants qui réclamaient le versement de leurs rappels de bourses.
Alors que l’administration et le quotidien des étudiants menacent de se paralyser, l’issue de cette bataille judiciaire reste suspendue à la notification officielle de la saisie et à la nature des recours que déploiera le CROUS.




