Sénégal 2050 : À l’UGB, Mary Teuw Niane appelle à une révolution des curricula universitaires

À l’occasion de la première Journée de graduation de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, le directeur de cabinet du président de la République, Mary Teuw Niane, a plaidé pour une refonte profonde des offres de formation. Selon lui, l’avenir de l’insertion professionnelle des jeunes, en particulier des littéraires, passe par l’adoption des technologies et des compétences pratiques réclamées par le marché.
L’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis doit accélérer sa mutation pour répondre aux exigences du marché de l’emploi. C’est le message fort lancé samedi par Mary Teuw Niane, directeur de cabinet du président de la République, lors de la première édition de la Journée de graduation de l’institution, axée sur le thème : « L’enseignement supérieur face au défi de l’insertion professionnelle des jeunes diplômés ».

Pour l’ancien recteur de l’UGB, le principal défi des temps modernes réside dans la qualité et la pertinence de la formation. « Former, c’est bien, mais bien former, c’est encore mieux, car le diplôme ne vaut pleinement que s’il est adossé à quelque chose que l’on n’a pas l’habitude de faire », a-t-il martelé, déplorant le décalage persistant entre les compétences des milliers de diplômés qui sortent chaque année et les attentes réelles des entreprises. Un paradoxe qu’il attribue à un excès de théories, un manque de stages et une surreprésentation des filières classiques au détriment des métiers du futur.
Les littéraires au cœur des transitions technologiques
Rompant avec les idées reçues, Mary Teuw Niane a vigoureusement soutenu que les étudiants issus des filières littéraires ont toute leur place dans les secteurs scientifiques et techniques, notamment l’agronomie. « On n’a pas besoin de beaucoup de mathématiques, car Matlab, Scilab et d’autres applications sont là pour régler les problèmes », a-t-il argué, tout en regrettant l’approche trop sélective de certains enseignants qui tendent à éliminer d’office les profils littéraires.
Pour corriger ces trajectoires, le directeur de cabinet appelle à un meilleur arrimage des curricula aux réalités économiques. Cela se traduira par le développement des compétences comportementales (soft skills) et une orientation massive vers des secteurs stratégiques précis : l’intelligence artificielle, la science des données, la cybersécurité, les biotechnologies, la robotique, l’agrobusiness ou encore la transition énergétique.
Le Sénégal 2050 mise sur sa jeunesse
Cette transformation de l’écosystème universitaire n’est pas isolée. Elle s’inscrit en droite ligne de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », où la valorisation du capital humain est érigée en priorité absolue. Pour Mary Teuw Niane, la démographie du pays doit être perçue comme un levier de croissance : « La jeunesse du Sénégal doit être considérée comme un avantage et non un fardeau. »

Tout en traçant ces perspectives d’avenir, l’officiel a tenu à saluer les efforts déjà consentis par l’UGB, citant en exemple la création récente d’un incubateur universitaire, un outil précieux pour stimuler l’esprit d’entreprise et l’employabilité des nouveaux diplômés.


