Crise au sommet de l’État : À Saint-Louis, la Coalition Diomaye exige la démission des DG dissidents et vise le grand chelem local

L’assemblée générale de la coalition Diomaye à Saint-Louis a acté la rupture avec le PASTEF. Outre les violentes attaques contre Ousmane Sonko, les leaders locaux ont sommé les directeurs généraux en désaccord avec le pouvoir de démissionner, tout en affichant leur ambition de remporter l’intégralité des communes du département lors des prochaines élections.
La rupture politique entre le chef de l’État et ses anciens alliés s’invite désormais dans la gestion de l’appareil d’État. Ce samedi, lors d’une forte mobilisation de la coordination départementale de la coalition Diomaye à Saint-Louis, les responsables locaux ont durci le ton. L’objectif de la rencontre était clair. Il s’agissait d’analyser la situation nationale, de mobiliser la base et de structurer la riposte face aux manœuvres parlementaires menées par le PASTEF.
Saloum Kane pousse les DG dissidents vers la sortie
Au cœur des débats, la question de la loyauté des hauts fonctionnaires nommés à la tête des directions nationales a fait l’objet d’une mise au point musclée. Saloum Kane, coordonnateur de la Commission des cadres de la coalition, a formellement invité les directeurs généraux (DG) qui ne sont plus en phase avec le président de la République à quitter immédiatement leurs postes.
Pour le responsable des cadres, il s’agit d’une question de cohérence politique et administrative élémentaire. « Les directions sont les bras techniques des ministères. Il n’est pas logique de ne plus être sur la même longueur d’onde politique que le président de la République tout en continuant à exercer ces responsabilités. Ces personnes ne devraient même pas attendre d’être relevées de leurs fonctions. Elles devraient démissionner et laisser la place à des responsables disposés à accompagner le président et à contribuer à la mise en œuvre de son projet », a-t-il vigoureusement déclaré.
M. Kane a prévenu que Saint-Louis se mobilisera par tous les moyens légaux pour faire de la vieille ville un « bastion » du Chef de l’État en vue des prochaines échéances électorales, rappelant qu’il faut désormais des «munitions» pour assurer une majorité absolue au président. Pour lui, l’heure est au travail avec la massification. « Les adhésions foisonnent et le travail doit être renforcé. Nous devons nous concentrer sur l’essentiel et refuser d’être divertis»,, a averti le responsable des cadres.
Ousmane Ndiaye vante l’adhésion populaire et vise le grand chelem
De son côté, Ousmane Ndiaye, secrétaire général départemental de la coalition, a dressé un bilan très positif de l’ancrage local de la mouvance. Il a salué la forte adhésion des populations de Saint-Louis aux politiques publiques mises en œuvre par le président Bassirou Diomaye Faye, y voyant le signe d’une consolidation majeure de la coordination. «Aujourd’hui, la coalition départementale de Saint-Louis est une réussite totale, car la population a adhéré aux politiques publiques de Son Excellence le président de la République », a affirmé Ousmane Ndiaye.
Fort de ce soutien populaire revendiqué, le secrétaire général départemental a clairement affiché les ambitions électorales de la coalition : transformer cette dynamique de terrain en hégémonie dans les urnes. L’objectif est désormais de faire carton plein en remportant les cinq communes du département de Saint-Louis ainsi que le Conseil départemental lors des prochaines élections locales.
La structuration du parti présidentiel s’accélère
Cette offensive des cadres survient après l’officialisation, le 4 juillet 2026, de la création du propre parti politique du président Bassirou Diomaye Faye. Ce dernier a récemment confié à Aminata Touré la présidence d’un comité chargé de dessiner les contours organisationnels de cette future formation. À Saint-Louis, les militants ont massivement validé cette structuration pour redynamiser le militantisme de terrain.
De son côté, le coordonnateur départemental Cheikhouna Gueye s’est chargé du volet frontal en attaquant le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Il l’accuse d’avoir enclenché une « entreprise de déstabilisation du régime » depuis son départ de la Primature. Qualifiant la proposition de révision constitutionnelle de « peine perdue », Cheikh Gueye a exigé la tenue d’un référendum tout en réaffirmant le soutien indéfectible de la base saint-louisienne au projet de redressement national porté par le président Faye.




