Sénégal : Ousmane Diagne officiellement installé à la tête du Conseil constitutionnel

Le magistrat et ancien ministre de la Justice a prêté serment ce mardi 11 août 2026. Il prend les commandes de la haute juridiction avec une promesse ferme : placer son mandat sous le sceau de la loyauté exclusive à la Loi fondamentale et à l’indépendance de la justice.
Une nouvelle page s’ouvre pour les institutions sénégalaises. Le Conseil constitutionnel a officiellement un nouveau président. Le magistrat Ousmane Diagne a pris ses fonctions ce mardi 11 août 2026, à l’issue d’une cérémonie solennelle de prestation de serment devant les membres de la haute juridiction et le gotha de la magistrature sénégalaise.
Il succède ainsi à feu Mamadou Badio Camara, décédé en avril 2025, et met fin à la période d’intérim assurée jusqu’ici par la vice-présidente de l’institution, Aminata Ly Ndiaye.
« Dire simplement le droit »
Face à ses pairs, le nouveau président a d’emblée voulu marquer son mandat du sceau de la retenue et du devoir. Loin de toute autosatisfaction, Ousmane Diagne a évoqué le poids de la charge qui lui est confiée. « Le Conseil constitutionnel est de ceux-là où l’on ne peut entrer qu’avec humilité », a-t-il affirmé, rappelant que ses nouvelles fonctions imposent discernement, mesure et surtout, une fidélité absolue aux textes.
« Ma loyauté sera à la Constitution, à l’État de droit et à l’indépendance du juge », a martelé le haut magistrat. Pour lui, la légitimité et la force de l’institution ne dépendent pas des hommes qui la composent, mais de la droiture de leur engagement : « Les institutions ne tirent pas leur force de la puissance des hommes, mais de la loyauté avec laquelle ceux-ci les servent. »
Dans un contexte politique toujours attentif aux décisions de la haute juridiction, Ousmane Diagne a tenu à clarifier les frontières de sa mission, insistant sur le fait que le Conseil constitutionnel n’a pas vocation à s’immiscer dans la sphère politique. « Il ne gouverne pas. Il ne légifère pas. Il ne juge pas de l’opportunité des choix politiques. Il dit simplement le droit », a-t-il clarifié avec fermeté.
Plus de 30 ans au cœur de l’appareil judiciaire
Pour mener à bien cette mission de « gardien de la confiance démocratique », Ousmane Diagne dispose d’un profil solidement taillé pour l’exercice. Avec plus de trois décennies de carrière dans la magistrature, il a exploré presque tous les échelons clés de la justice sénégalaise.
Ancien doyen des juges d’instruction, ancien procureur de la République puis procureur général près la Cour d’appel de Dakar, il a également officié comme premier avocat général puis procureur général près la Cour suprême. Son expertise l’avait ensuite conduit au sein du premier gouvernement d’Ousmane Sonko, où il a occupé le poste de Garde des Sceaux, ministre de la Justice, entre le 12 avril 2024 et le 6 septembre 2025.
Le défi de la confiance citoyenne
À la tête d’une institution clé chargée de contrôler la conformité des lois, de veiller au respect de la Constitution et de trancher les contentieux électoraux, Ousmane Diagne sait que le principal défi reste celui de la perception publique. Il a ainsi exprimé son souhait de voir chaque décision du Conseil inspirer « le respect, la confiance et la sérénité » chez les citoyens.
Pour y parvenir, le nouveau président entend s’appuyer sur la collégialité et la diversité des points de vue de ses collègues afin d’enrichir les délibérations. C’est le profil d’une institution « indépendante dans son jugement, impartiale dans ses décisions, mesurée dans son expression [et] ferme dans ses principes » qu’il ambitionne de consolider tout au long de son mandat.




