Souveraineté alimentaire : Le Dr Cheikh Oumar BA prend le pouls des services agricoles à Saint-Louis

Pour sa première sortie officielle dans le Nord, le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage, le Dr Cheikh Oumar BA, a choisi la Vallée du Fleuve Sénégal. Ce lundi, le ministre a mené une visite marathon à Saint-Louis auprès des trois poumons techniques du secteur : la SAED, l’ISRA et la DRDR. Cette immersion sur le terrain marque le coup d’envoi d’une méthode axée sur la proximité et l’efficacité opérationnelle.

La SAED au cœur du référentiel « Sénégal 2050 »
Accueilli au siège de la SAED par le Directeur Général et ses équipes, le Dr Cheikh Oumar BA a rappelé les exigences de sa mission. La SAED n’est pas qu’un simple bras technique ; elle est la clé de voûte de la nouvelle stratégie nationale. « Cette rencontre s’inscrit dans une nouvelle démarche de proximité avec les populations, conformément au référentiel « Sénégal 2050 : Agenda National de Transformation ». C’est notre stratégie de développement économique et social, et je compte fermement sur l’expérience et l’expertise de la SAED pour matérialiser cette vision », a insisté le Ministre.

La direction générale a présenté un état des lieux complet de la structure : organigramme, projets d’aménagements en cours et évolution des coopératives. Si le potentiel de la vallée reste immense, la rencontre a surtout permis de crever les abcès qui freinent la productivité de la région.
Quatre chantiers majeurs sur la table du ministre
Les échanges techniques n’ont éludé aucune difficulté. Les techniciens et le ministre ont ainsi planché sur les quatre urgences structurelles de la filière rizicole :
- Le goulot d’étranglement de la commercialisation : L’écoulement du riz blanc et du riz paddy reste problématique. Le manque de débouchés fluides et la concurrence des circuits d’importation fragilisent les efforts des producteurs locaux.
- Le financement et le crédit de campagne : Obtenir des financements à temps pour lancer les cultures demeure un parcours du combattant. Les mécanismes de sécurisation du crédit doivent être revus pour injecter des liquidités au bon moment.
- La modernisation par la mécanisation : Pour atteindre la souveraineté alimentaire, la force humaine ne suffit plus. L’introduction d’équipements de traitement et de récolte à grande échelle est désormais une urgence absolue.
- La maintenance hydro-agricole : Les réseaux de canaux, indispensables à l’irrigation, souffrent d’un manque criant d’entretien. Sans une maintenance rigoureuse de ces axes, les terres risquent la dégradation.
Dialogue social et recherche scientifique à l’honneur
En marge des dossiers purement économiques, le Dr Cheikh Oumar BA a fait preuve d’ouverture sociale. Il a accordé une audience aux représentants du Syndicat des travailleurs de la SAED. Les agents ont pu formuler leurs doléances directes, en insistant particulièrement sur les retards liés au versement de la prime annuelle. Une écoute et une empathie vivement saluées par le personnel présent.

Le ministre a bouclé sa tournée par les locaux de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) et de la Direction Régionale du Développement Rural (DRDR). L’objectif était le même : évaluer le climat social, mesurer l’état de la recherche semencière et inspecter les outils d’encadrement des paysans.
Cap sur une tournée générale
Cette prise de contact à Saint-Louis n’est qu’un premier jalon. Conscient de l’immensité des défis, le Ministre a annoncé le lancement très prochain d’une tournée générale dans toute la Vallée du Fleuve Sénégal. Un déplacement de grande envergure qui lui permettra, cette fois, d’aller à la rencontre directe des producteurs et des acteurs de la base.




