Le HCDS propose la création de conseils territoriaux pour dynamiser l’Acte IV de la décentralisation

À l’ouverture de la 44e Assemblée plénière du Haut Conseil du dialogue social (HCDS) à Saly (Mbour), le président de l’institution, Faly Seck, a plaidé pour une décentralisation du dialogue social. Il propose l’installation d’instances tripartites de proximité dans les huit zones économiques du pays.
Le dialogue social au Sénégal s’apprête à franchir une nouvelle étape de son histoire en s’invitant directement au cœur des territoires. Ce mardi, à l’ouverture de la 44e Assemblée plénière du Haut Conseil du dialogue social (HCDS) réunie à Saly, le président de l’institution, Faly Seck, a formulé une proposition majeure : installer des conseils territoriaux du dialogue social dans les huit zones économiques clés dessinées par l’Acte IV de la décentralisation.

Placée sous le thème « Le dialogue des territoires dans le contexte de l’Acte IV de la décentralisation », cette rencontre de haute importance vise à redéfinir la gouvernance locale en y intégrant une dimension humaine et sociale indispensable.
Le triptyque d’une gouvernance locale : « Prévenir, construire, vérifier »
Pour Faly Seck, l’avenir de la stabilité économique et sociale du pays se joue désormais à l’échelle locale. Ces futurs conseils territoriaux ne seront pas des structures bureaucratiques supplémentaires, mais de véritables instances de proximité. Ils fonctionneront sur un modèle tripartite, associant étroitement :
- Les représentants de l’État ;
- Les organisations de travailleurs (syndicats) ;
- Les groupements d’employeurs (patronat).
Le président du HCDS a résumé la feuille de route de ces futurs organes en trois verbes d’action essentiels : « Prévenir, construire, vérifier ».
Dans la pratique, ces conseils auront pour mission de désamorcer les conflits sociaux avant qu’ils n’éclatent, de participer activement à l’élaboration des politiques de développement local, et de veiller rigoureusement sur le terrain à l’application du Pacte national de stabilité sociale et de croissance inclusive et durable, signé le 1er mai 2025.
Associer les acteurs économiques pour réussir la réforme
Au cours de son allocution, M. Seck a rappelé avec insistance qu’une réforme institutionnelle ne peut pas vivre uniquement sur le papier. « Une réforme territoriale ne réussit pas uniquement par la qualité de ses textes. Elle réussit lorsque les acteurs comprennent sa finalité, discutent de ses conséquences et participent à sa mise en œuvre », a-t-il martelé face à l’assemblée.
Selon lui, l’Acte IV de la décentralisation passera à côté de ses objectifs de développement si les forces vives du monde du travail et de l’entreprise restent en marge de la gestion locale. Les pôles territoriaux représentent donc une « opportunité structurelle » unique pour enraciner définitivement la culture du compromis et de la concertation au plus près des réalités des populations.
Vers une modernisation financière et humaine des collectivités
Conscient que la décentralisation exige des moyens à la hauteur de ses ambitions, le leader du HCDS a profité de cette tribune pour interpeller sur la situation matérielle des collectivités territoriales. Il a vigoureusement plaidé pour :
- Le renforcement des capacités techniques et humaines des agents locaux ;
- Une consolidation urgente des mécanismes de financement de la décentralisation.
Sur ce point précis, Faly Seck s’est montré optimiste, révélant que les hautes autorités de l’État travaillent actuellement à une augmentation progressive des enveloppes financières transférées aux collectivités, doublée d’une vaste modernisation de la fiscalité locale.
En associant des ressources financières modernisées à un dialogue social décentralisé, le Sénégal pose les jalons d’une croissance partagée, où la paix sociale devient le principal moteur du développement territorial. Les discussions de cette 44e Assemblée plénière devront maintenant tracer la trajectoire concrète pour donner vie à ces nouvelles ambitions.




