Hôpital régional de Saint-Louis : Le scanner à l’arrêt, les patients pris au piège

C’est un nouveau coup de massue qui s’abat sur le système sanitaire de la région Nord. Le service d’imagerie médicale du Centre Hospitalier Régional de Saint-Louis est officiellement à l’arrêt. La direction de l’établissement public de santé a elle-même confirmé la triste nouvelle à travers un communiqué officiel, plongeant des milliers d’usagers dans le désarroi le plus total.
La SENELEC et les coupures d’électricité pointées du doigt
Selon les termes du document administratif, le fonctionnement du scanner est suspendu jusqu’à nouvel ordre. La cause n’est pas une défaillance technique intrinsèque à la machine, mais plutôt l’instabilité chronique du réseau électrique. Les coupures d’électricité intempestives et répétées qui affectent l’hôpital ne permettent plus d’utiliser cet appareil de haute technologie en toute sécurité. Face au risque majeur de griller définitivement un équipement aussi coûteux, la direction a préféré couper le contact.
Pour les populations, cette situation est inadmissible. Le scanner est un outil de diagnostic vital, indispensable pour la prise en charge des pathologies lourdes comme les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les traumatismes crâniens sévères ou le suivi des cancers.
Le calvaire financier et logistique des malades
Cette suspension temporaire pénalise lourdement les familles de Saint-Louis et des localités environnantes (Podor, Dagana, Richard-Toll). Privés de service public, les patients n’ont désormais plus que deux options, aussi douloureuses l’une que l’autre :
- Le secteur privé local : Se rabattre sur des cliniques privées dont les tarifs s’avèrent inaccessibles pour la majeure partie des bourses locales.
- L’exode médical : Parcourir des centaines de kilomètres dans des conditions de transport précaires pour effectuer un examen urgent à Louga, à Touba ou directement dans les hôpitaux de Dakar.
Pour une urgence vitale, chaque minute compte. Ces transferts forcés s’apparentent, pour beaucoup, à une condamnation.
Une double crise : Le SAMES paralyse le reste de l’hôpital
Ce black-out technique ne vient pas seul. Il s’additionne à un climat social déjà délétère au sein de l’infrastructure sanitaire. L’établissement subit de plein fouet l’interminable grève du SAMES (Syndicat Autonome des Médecins du Sénégal).
Le mouvement d’humeur des praticiens paralyse une grande partie des services de soins depuis des semaines, réduisant l’activité de l’hôpital à sa plus simple expression et indisposant fortement des usagers à bout de forces. Entre des médecins en grève et un plateau technique défaillant par manque d’énergie, les services d’urgence sont asphyxiés.
L’appel pressant à l’État et à la SENELEC
Face à ce qui s’apparente à un abandon de service public, la colère gronde à Saint-Louis. Les collectifs de citoyens, les usagers et les familles de malades interpellent directement les autorités étatiques ainsi que la direction de la SENELEC. Ils exigent une sécurisation immédiate et définitive de la ligne électrique de l’hôpital. Un approvisionnement stable en énergie reste la condition sine qua non pour la reprise des activités du service d’imagerie médicale.
Alors que le service d’imagerie reste suspendu jusqu’à nouvel ordre, la double crise qui frappe l’établissement met en lumière la fragilité du plateau technique régional face aux aléas énergétiques. Le rétablissement d’une ligne électrique stable par la SENELEC et le dénouement de la crise avec le SAMES restent les deux conditions indispensables pour que l’hôpital de Saint-Louis puisse à nouveau pleinement assurer sa mission de service public.





