Le PRDC-VFS investit 80 millions de FCFA dans les drones pour terrasser le péril aviaire et sécuriser les récoltes

Face à la menace destructrice de l’invasion aviaire qui décime chaque année une part substantielle de la production rizicole, le Projet de Résilience et de Développement communautaire de la Vallée du Fleuve Sénégal (PRDC-VFS) déploie la haute technologie. Une enveloppe de 80 millions de Fcfa a été mobilisée pour acquérir un lot de quatre drones de pointe, marquant un tournant décisif dans la modernisation de la protection des cultures locales.
L’annonce officielle ainsi que la cérémonie de remise officielle du matériel au Gouverneur de la région de Saint-Louis ont eu lieu ce mardi, sous la direction de Mamadou Diédhiou, coordonnateur du PRDC-VFS. Cet événement s’est tenu en marge de l’atelier régional de deux jours consacré aux chaînes de valeur agricoles de la vallée, organisé à Saint-Louis.
Une réponse chirurgicale née d’une planification stratégique
L’acquisition de ces équipements n’est pas fortuite. Elle concrétise une feuille de route rigoureuse issue de l’étude sur la cartographie des chaînes de valeur, commanditée dès l’entrée en vigueur du projet et largement partagée avec l’ensemble des acteurs sectoriels. Cette étude ciblait prioritairement trois filières stratégiques de la vallée : le riz, l’oignon et la tomate.
Pour la filière rizicole, le besoin était critique. Selon Abou Sall, Directeur du Développement de la Société d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta et de la Falémé (SAED), les oiseaux granivores sont responsables de la perte directe de près de 30 % des récoltes dans la vallée. L’intégration des drones pour la lutte anti-aviaire s’était également imposée comme une priorité d’action lors d’une rencontre d’urgence préalablement organisée par le Gouverneur de Saint-Louis.
Un dispositif technique complet et une ambition transfrontalière
L’enveloppe globale de 80 millions de Fcfa mobilisée par le projet a permis l’acquisition d’un écosystème technologique de pointe, conçu pour répondre de manière complémentaire aux défis logistiques du terrain.
Ce matériel de dernière génération s’articule d’abord autour de deux grands drones de traitement, spécifiquement configurés pour mener des opérations aériennes d’effarouchement acoustique ou visuel, ainsi que des interventions de pulvérisation ciblée directement sur les foyers d’infestation. Pour maximiser l’efficacité de ces unités d’attaque, le dispositif est renforcé par deux petits drones de prospection, dont le rôle sera d’assurer la reconnaissance tactique en amont, permettant ainsi de repérer avec précision l’emplacement des dortoirs d’oiseaux avant le déploiement des équipes.
Au-delà des frontières sénégalaises, ce fléau ignore les limites géographiques. C’est pourquoi le PRDC-VFS entend mettre à profit cet arsenal technologique pour développer des synergies opérationnelles et des actions conjointes avec la Mauritanie. Cette approche concertée permettra de mutualiser les efforts des deux pays afin de juguler durablement un péril transfrontalier commun qui affecte lourdement les producteurs des deux rives du fleuve Sénégal.
Gestion, durabilité et formation de formateurs : la réaction de Mamadou Diédhiou
Conscient que l’efficacité opérationnelle d’une telle technologie dépend impérativement de sa viabilité à long terme, Mamadou Diédhiou, coordonnateur du PRDC-VFS, a fortement insisté sur les enjeux cruciaux du suivi post-acquisition. Selon lui, si l’achat du matériel constitue une première étape importante, le véritable défi réside désormais dans la mise en place d’un modèle rigoureux de gestion, d’entretien et de maintenance. Pour anticiper ces besoins, les partenaires du projet ont d’ores et déjà entamé des discussions stratégiques afin de définir le cadre de gestion idéal. Bien que la responsabilité technique principale revienne de plein droit à la Direction de la Protection des Végétaux (DPV), l’ambition partagée est de valoriser au maximum ces appareils tout en planifiant, dès à présent, les mécanismes financiers nécessaires au renouvellement futur des composants et des équipements associés.
Pour traduire cette vision sur le terrain et garantir une autonomie technique durable, le projet mise sur une stratégie pragmatique de formation de formateurs. Dans cette dynamique, un ou deux agents clés de la DPV ainsi qu’un agent de la SAED ont déjà bénéficié d’une formation technique intensive et certifiée. Ces nouveaux experts régionaux auront désormais la mission de vulgariser ces compétences en formant à leur tour les autres acteurs et organisations de producteurs implantés dans la zone d’intervention. Ce transfert de compétences structuré permettra d’assurer un service d’intervention et de maintenance de proximité à la fois réactif, performant et parfaitement adapté aux attentes des riziculteurs de la vallée.
Une synergie institutionnelle pour un impact durable
Le matériel a été remis solennellement au Gouverneur de la région de Saint-Louis à la suite d’une sollicitation officielle. Ce dernier se chargera d’assurer la ventilation de ces outils de souveraineté alimentaire entre les principaux bras opérationnels de la région : la DPV, la SAED, mais aussi la Délégation générale à l’Entreprenariat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) à l’échelle régionale.
Grâce à cette alliance entre l’innovation technologique et la concertation institutionnelle, la Vallée du Fleuve Sénégal consolide ses barrières de protection pour sécuriser les investissements de ses producteurs et franchir un nouveau cap vers l’autosuffisance alimentaire.




